Les journées s’allongent, mais l’hiver est encore très présent sur les hauts sommets du Nord-Est américain. C’est le temps de leur rendre une petite visite en raquettes parce que d’ici quelques semaines, certains ne seront plus accessibles. Et on ne parle même pas ici d’une possible fermeture de la frontière canado-américaine en raison de la COVID-19.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

En effet, au printemps, l’État de New York recommande aux randonneurs d’éviter tous les sommets de 900 mètres et plus afin de protéger les sentiers contre l’érosion. Au Vermont, on ferme carrément l’accès à des montagnes très populaires comme Mansfield et Camel’s Hump.

C’est ce qu’on appelle la saison de la boue (mud season). À la fonte des neiges, le sol est très fragile en haute altitude. Il prend beaucoup plus de temps à sécher que le sol des sentiers situés au bas des montagnes. Le passage répété de randonneurs ne peut que l’endommager.

La saison de la boue varie d’une année à l’autre. Elle commence la plupart du temps à la mi-avril pour se terminer à la fin de mai.

L’idée, c’est donc d’aller parcourir les plus beaux sentiers avant la fameuse saison de la boue.

La raquette au printemps, c’est le fun. Il y a encore de la neige sur les montagnes, la neige est encore dure et les journées sont longues, il fait soleil.

Antoine Migneault, guide chez Chinook Aventure

C’est donc le moment idéal pour visiter le mont Mansfield, le plus haut sommet du Vermont, et Camel’s Hump, une autre montagne très appréciée des randonneurs. Dans les deux cas, on peut accéder au sommet par des versants différents. On peut faire des boucles, monter par un sentier, descendre par un autre. La neige demeure très abondante au sommet de ces deux montagnes. Il faut donc apporter ses raquettes, même si au départ les sentiers semblent libres de neige.

Antoine Migneault indique que la vallée de Franconia Notch, dans les montagnes Blanches du New Hampshire, constitue aussi une belle destination pour les raquetteurs.

« C’est l’entrée des montagnes Blanches, c’est un peu moins loin que d’autres destinations. Il y a évidemment le mont Lafayette, qui est superbe, mais juste en face il y a aussi le mont Cannon et le mont Kinsman. On y trouve également les monts Flume et Liberty. »

Il faut toutefois compter plus de trois heures de route à partir de Montréal pour s’y rendre.

Les Adirondacks plus près

Les Adirondacks sont beaucoup plus près de la métropole québécoise.

« Whiteface, c’est toujours apprécié, c’est toujours très beau », souligne Antoine Migneault.

On peut s’y rendre en moins de deux heures trente de route et le sommet, dénudé, offre une belle petite ambiance alpine.

Le mont Giant est aussi une montagne très populaire auprès des raquetteurs, avec une montée très soutenue qui offre de beaux points de vue.

Les randonneurs ont aussi une affection particulière pour les sommets qu’on peut atteindre à partir du stationnement d’Adirondack Loj, comme le mont Algonquin et le sommet le plus élevé de l’État de New York, le mont Marcy. Des montagnes comme Lower Wolf Jaw, Upper Wolf Jaw et Gothics, accessibles à partir d’Ausable Club, sont aussi des destinations recherchées.

Il faut toutefois bien se préparer pour ces sommets. En haut, c’est encore l’hiver. Le Department of Environmental Conservation de l’État de New York (NYDEC) a fait savoir la semaine dernière qu’il y avait encore de 1,5 à 2 mètres de neige au sol au-delà de 900 mètres d’altitude. Pour avoir une idée, le mont Giant mesure 1410 mètres d’altitude et le mont Algonquin, 1559 mètres. Il reste donc encore beaucoup de neige à se mettre sous les raquettes.

Antoine Migneault recommande donc de prévoir des vêtements chauds pour le sommet.

« Nous sommes en montagne. Il y a plus de vent, la température est plus fraîche, les précipitations peuvent se présenter de façon imprévisible. »

Il suggère également d’apporter une petite trousse de réparation, une petite trousse de secourisme et un moyen de communication. Il faut toutefois être conscient que de grandes sections des Adirondacks ou des montagnes Blanches n’ont pas de couverture cellulaire.

Au Québec aussi, certains parcs ferment leurs sentiers pendant la saison de la boue. C’est notamment le cas du Parc d’environnement naturel de Sutton. Il faut donc profiter des prochaines semaines pour emprunter certains de ses sentiers, et notamment le Round Top, qui offre une vue particulièrement imposante sur les montagnes situées à la frontière du Québec et des États-Unis.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Raquetteurs dans la Vallée Bras-du-Nord

Les prochaines semaines seront également idéales pour faire de la raquette au parc du Mont-Orford, au parc du Mont-Mégantic, dans la Vallée Bras-du-Nord ou encore dans les Laurentides. Les montagnes québécoises sont plus petites que les montagnes du Nord-Est américain, mais comme elles sont situées plus au nord, il y a encore beaucoup, beaucoup de neige. De quoi se régaler.

Et si on ferme la frontière canado-américaine, le Québec sera LA destination de choix.