Ces temps-ci, bien des amateurs de plein air grincent des dents à la simple mention du mot « Montmorency ». L’Université Laval a annoncé plus tôt cet automne qu’il n’y aura plus de ski de fond à la Forêt Montmorency alors que la SEPAQ a laissé savoir qu’il ne sera pas possible de faire de l’escalade de glace à la chute Montmorency l’hiver prochain.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

Des problèmes d’accès, ça arrive fréquemment. Le parc régional Val-David–Val-Morin doit notamment faire de sérieux ajustements à son réseau de pistes de ski de fond pour contourner un terrain rendu inaccessible en raison d’une dispute entre la propriétaire et la municipalité.

Toutefois, en période de pandémie, toute restriction additionnelle se fait durement ressentir.

La chute Montmorency est un endroit particulièrement apprécié des grimpeurs de glace de la province. Un secteur se prête particulièrement bien à l’initiation. Un autre permet de faire des voies en multi-longueurs d’une impressionnante verticalité. La chute a une hauteur de 83 mètres, soit 30 de plus que les chutes du Niagara.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

L’escalade de glace à la chute Montmorency s’adressait autant aux novices qu’aux experts.

L’année dernière, la Société des établissements de plein air du Québec (SEPAQ) avait déclenché un tollé lorsqu’elle avait annoncé que des travaux de construction allaient bloquer l’accès au terrain pendant plusieurs mois. Ces travaux visaient à installer une passerelle semi-submersible dans le bassin au pied de la chute. Or, les grimpeurs viennent tout juste d’apprendre que l’endroit ne sera pas accessible cette année non plus. Les travaux amorcés l’année dernière se poursuivront. « Avec ce qui s’est passé avec la COVID-19, l’industrie de la construction a été fermée pendant presque cinq mois et il y a eu des bouleversements avec les approvisionnements », explique le porte-parole de la SEPAQ, Simon Boivin.

La Forêt Montmorency fermée aux usagers

Ce sont surtout les skieurs de fond qui déplorent la suspension des activités récréotouristiques à la Forêt Montmorency, un territoire adjacent au Camp Mercier que l’Université Laval utilise comme forêt d’enseignement et de recherche en vertu d’une entente conclue avec le gouvernement québécois en 1964.

Pendant des années, les skieurs et les raquetteurs ont pu bénéficier des infrastructures de la forêt pour s’adonner à leur sport favori. De nombreuses équipes de ski de fond de compétition venaient d’ailleurs commencer leur saison d’entraînement ici.

Il y a quelques semaines, l’Université Laval a fait savoir que seules les activités d’enseignement et de recherche seront autorisées pendant la saison 2020-2021. « L’analyse des actifs nous a démontré que d’importants investissements sont à prévoir pour une mise à niveau sécuritaire des infrastructures et pour rehausser l’expérience des usagers et bénéficiaires », a fait savoir la doyenne de la Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique, Nancy Gélinas, dans un communiqué. « Nous travaillons présentement à la rédaction d’un plan directeur immobilier et d’un plan d’affaires pour la gestion des ressources et activités de la Forêt Montmorency. »

Il n’est pas clair si ce plan directeur fera une place au ski de fond et à la raquette. Nancy Gélinas parle plutôt de poursuivre la mission d’origine de la Forêt Montmorency, soit la réalisation de « travaux d’enseignement et de recherche destinés à améliorer les pratiques forestières ».

Un « superbe sentier » pour sauver le ski de fond

PHOTO FOURNIE PAR LE PARC RÉGIONAL VAL-DAVID–VAL-MORIN

Ski de fond au Parc régional de Val-David–Val-Morin, secteur Dufresne

Au Parc régional Val-David–Val-Morin, une dispute entre la propriétaire de La Sapinière et la municipalité de Val-David a mené au non-renouvellement d’un droit de passage sur le terrain de l’hôtel le printemps dernier.

Le conflit a éclaté lorsque le conseil municipal de Val-David a mis le terrain de La Sapinière sous réserve foncière afin d’élaborer un programme d’urbanisme « visant à assurer le développement harmonieux de ce secteur ainsi qu’aux fins de l’aménagement éventuel d’un parc et/ou d’implantation d’une école ». La propriétaire de La Sapinière, qui avait mis beaucoup d’énergie à un plan de revitalisation du domaine, a dû suspendre ses efforts.

La perte du droit de passage a d’abord eu un impact sur les randonneurs et sur les grimpeurs. Ces derniers ont ainsi perdu l’accès à des parois qu’ils affectionnaient beaucoup, comme la classique Arabesque.

L’hiver prochain, ce sont les skieurs de fond et les raquetteurs qui ressentiront les effets de cette dispute. Le parc a toutefois voulu limiter les dégâts. « Nous sommes passés à l’action et nous avons aménagé un superbe sentier de contournement, déclare Jean-François Boily, directeur du parc régional pour le secteur Dufresne. Nous avons reconfiguré les sentiers pour minimiser la coupe d’arbres. »

L’équipe a d’ailleurs trouvé un tronçon d’un ancien ski de fond, avec de vieilles balises, et un ancien sentier de motoneige. Un ponceau de ce dernier sentier permet de franchir une rivière. « Ce nouveau sentier permet de continuer nos opérations à 100 %, se réjouit M. Boily. L’important pour nous, c’était de sauver notre saison de ski de fond. »

Il y a une autre bonne nouvelle à l’horizon pour le Parc régional Val-David–Val-Morin. Une entente avec un propriétaire local, pilotée par le Club de plein air de Val-David, pourrait permettre d’ajouter 66 969 m2 au parc. « Éventuellement, nous pourrons aménager un nouveau stationnement, ce qui permettra de réduire la pression sur les autres accès », indique M. Boily.

Suggestion de vidéo

Droit de passage pour les animaux

L’Utah a installé une passerelle au-dessus d’une autoroute pour permettre aux animaux sauvages de se déplacer. Ceux-ci ont rapidement adopté la nouvelle infrastructure.

Chiffre de la semaine

234

C’est le nombre de kilomètres que compte la piste multifonctionnelle du P’tit train du Nord.