Très mauvaise nouvelle pour les grimpeurs : il ne sera pas possible de faire de l’escalade de glace au parc de la Chute-Montmorency cet hiver.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

La SEPAQ (Société des établissements de plein air du Québec) a expliqué que des travaux de construction allaient bloquer l’accès aux parois glacées pendant encore plusieurs mois. Ces travaux visent à installer une passerelle semi-submersible dans le bassin au pied de la chute.

Le parc de la Chute-Montmorency est un site particulièrement apprécié des grimpeurs. La chute elle-même a une hauteur de 83 mètres, soit 30 mètres de plus que les chutes Niagara. Les grimpeurs aguerris peuvent faire des voies en multilongueurs alors que les débutants peuvent jouer du piolet dans des secteurs plus faciles.

Ces chutes spectaculaires sont situées à cinq minutes de Québec. Il y a donc plusieurs personnes qui aiment aller y faire une petite grimpe après le boulot, comme d’autres vont au gym.

Bref, les grimpeurs n’apprécient pas la fermeture, et surtout le fait qu’elle soit annoncée à la toute dernière minute alors que la saison se met en branle.

« C’est comme si on fermait le ski au Mont-Tremblant pour ajouter de l’éclairage », déplore un grimpeur, Pierre Bilodeau, sur une page Facebook de la Fédération québécoise de la montagne et de l’escalade (FQME).

Toute une suprise !

La FQME ne savait pas qu’il y avait des travaux majeurs dans le bassin de la chute Montmorency qui risquaient d’avoir un impact sur la saison d’escalade de glace. Le communiqué de la SEPAQ annonçant la suspension de l’escalade de glace, envoyé lundi dernier, a donc constitué une surprise.

On ne pouvait pas prévoir qu’il y aurait une fermeture. On a parlé avec eux, on leur a expliqué que ce n’est pas vraiment adéquat d’annoncer ça à la dernière minute. Ça a beaucoup d’impact sur la communauté.

Alexis Beaudet-Roy, responsable des sites extérieurs à la FQME

La SEPAQ affirme qu’elle a examiné avec l’entrepreneur la possibilité de conserver un accès.

« Mais pour des raisons de sécurité, la cohabitation ne sera pas possible », affirme Simon Boivin, responsable des relations avec les médias à la SEPAQ.

La société s’est également défendue d’avoir trop attendu pour annoncer la fermeture.

« Règle générale, la saison d’escalade de glace au parc de la Chute-Montmorency débute en janvier, souligne M. Boivin. La direction de l’établissement a espéré pendant un certain temps qu’il soit possible de préserver un accès pour l’escalade de glace malgré la présence du chantier, mais il a été constaté que l’état d’avancement des travaux ne permettrait pas de préserver un accès. »

C’est probablement François-Guy Thivierge et son entreprise Aventurex qui subissent les plus gros impacts de la fermeture. Cela fait 33 ans que M. Thivierge offre des activités d’escalade de glace sur le site : initiation, formation, groupes d’affaires, etc.

La SEPAQ a communiqué avec lui au début du mois pour l’informer de la fermeture, alors qu’il s’apprêtait à s’envoler vers l’Amérique centrale pour gravir quelques sommets.

« Je suis resté surpris sur le coup, se rappelle-t-il. Ça nous a occasionné un peu de stress. Je suis déçu, mais j’ai été capable de relocaliser mes groupes et mes réservations vers d’autres sites. »

Il y a toutefois des groupes qui ont carrément annulé leur activité.

« Ce sont des groupes touristiques qui visitent Québec et qui ne veulent pas aller ailleurs. »

Il a conclu une entente avec la SEPAQ qui a permis d’atténuer un peu le coup : un renouvellement des activités d’Aventurex au parc de la Chute-Montmorency pour cinq années.

Des sites plus achalandés

Cette année, M. Thivierge organisera ses activités à divers sites comme Saint-Alban, Pont-Rouge, Cap-à-l’Aigle, Rivière-du-Loup et la chute de Wendake.

Évidemment, plusieurs grimpeurs se redirigeront vers ces sites, qui seront donc beaucoup plus achalandés.

« Les grimpeurs m’ont souvent reproché de prendre beaucoup de place au parc de la Chute-Montmorency, raconte M. Thivierge. Ils vont dire la même chose lorsque je vais aller dans d’autres régions avec des groupes. Mais tout le monde a le droit de commencer à faire de l’escalade, à être initié. Un groupe, ça prend un peu de place, c’est normal, mais on se parle, on n’est pas sauvages. »

La FQME est consciente qu’il y aura une plus grande affluence aux autres sites de la région.

Nous travaillons beaucoup sur l’augmentation de l’offre d’escalade de glace, nous travaillons sur des protocoles d’entente pour avoir plus d’accès officiels. Nous allons mettre les bouchées doubles.

Alexis Beaudet-Roy

S’il n’a pas apprécié l’annonce de dernière minute, il refuse de trop blâmer la SEPAQ au sujet de la fermeture.

« Nous travaillons avec eux pour avoir une meilleure reconnaissance de l’escalade dans les parcs, explique-t-il. Ces dossiers avancent très bien. »

Si les grimpeurs de la région de Québec ont reçu une mauvaise nouvelle, les skieurs de Montréal ont pu se réjouir récemment. En effet, la Société des transports de Montréal (STM) a annoncé qu’il serait bientôt possible de transporter des skis et des traîneaux dans les transports en commun à l’heure de pointe. Le règlement actuel interdit une telle pratique et expose les fautifs à une amende pouvant atteindre 500 $.

La STM a permis le transport de skis et de traîneaux à l’heure de pointe au cours des deux dernières années dans le cadre d’un projet pilote. Le projet a eu des résultats satisfaisants et la STM abrogera officiellement le règlement le 6 janvier prochain.