Dans les dernières semaines, une étude de l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a mis en lumière les impacts de contaminants dans l’air à Rouyn-Noranda et le surplus de cas de cancer qui en découle. Depuis, le débat public s’oriente sur la recherche de coupables dans cette histoire.

Publié le 30 juillet
Eva Villalba et le Dr Jean-Paul Bahary Respectivement de la Coalition Priorité Cancer au Québec et conseiller médical, Coalition Priorité Cancer

La Coalition Priorité Cancer au Québec souhaite amener le débat sur les pistes d’actions pour réduire le risque et l’impact de souffrir d’un cancer du poumon pour les habitants de cette région, mais aussi sur la façon de prévenir des situations similaires ailleurs au Québec.

Combien d’autres « Fonderie Horne » ou « quartier Notre-Dame » avons-nous au Québec ? À l’heure actuelle, faute d’avoir à notre disposition un Registre québécois du cancer complet, nous n’avons aucune façon simple et transparente de nous assurer que des facteurs environnementaux ne génèrent pas des surplus de cas de cancer dans d’autres pans de la population, ailleurs dans la province.

Un registre du cancer performant, c’est une base de données qui sert à répertorier les cas de cancer, par région, par stade, par sexe, par âge de la population, ainsi qu’à mesurer la survie, la réponse aux traitements et les taux de complication (pour ne nommer que ces éléments).

Un registre du cancer fiable et performant permettrait au gouvernement, à la Santé publique et ultimement aux Québécois de connaître et de voir en temps réel, où et dans quelles parties de la population se développent des cancers.

Ainsi, on pourrait détecter rapidement une anomalie dans la distribution des cas de cancer et cibler des variations dans les taux de mortalité liés à certains cancers dans des régions précises. On pourrait ensuite établir les causes possibles, comme les facteurs environnementaux ou les déterminants sociaux associés, puis, surtout, prévenir et combattre le cancer.

Le Québec traîne la patte

Le Registre est pourtant promis depuis maintenant 12 ans. Malgré une première version préliminaire d’un registre partiel jusqu’en 2017, à ce jour nous demeurons en manque d’un engagement ferme avec un échéancier rapide pour sa mise en place. On se rappelle que le cancer est la première cause de mortalité au Québec.

À la suite de la publication du rapport annuel de la Société canadienne du cancer, force était de constater que le Québec est encore une fois la seule province à ne pas fournir la majorité des statistiques canadiennes sur le cancer.

Mieux vaut tard que jamais

L’Organisation mondiale de la santé indique dans un rapport récent : « Les facteurs liés à l’environnement et au mode de vie ont été reconnus et identifiés comme contribuant à environ 50 % du fardeau mondial du cancer, et on s’attend à ce qu’ils participent au risque pour les 50 % restants dont les causes restent encore inconnues à ce jour. »

Le cas de Rouyn-Noranda met en lumière l’importance de se doter d’un tel registre.

Aujourd’hui, avec ces informations, on se doit de mettre en place un programme de dépistage précoce du cancer du poumon pour les gens à haut risque dans la région.

Pour l’avenir, il faut accélérer la mise en place d’un Registre québécois du cancer complet et à jour.

On doit apprendre d’une situation comme celle de Rouyn-Noranda et, surtout, agir pour s’améliorer. Dans l’intérêt commun, il est de notre responsabilité de nous mettre en action, dans les meilleurs délais.

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