La nouvelle administration de Saint-Bruno vient d’adopter un plan d’aménagement urbain pour 2022-2026. Préparé en catimini, ce document va à l’encontre de toute logique concernant des enjeux pourtant majeurs et actuels : crise du logement, densification, étalement urbain, embourgeoisement, environnement et dynamisation des centres-villes.

Publié le 21 mai
Brendan O’Dowd Président, Investissement BPP

Ainsi, il interdit toute construction dépassant deux étages au centre-ville. Sans appel, sans consultation préalable et sans recourir à des experts-conseils, l’équipe du maire Ludovic Grisé Farand a tranché.

À peine six mois après sa prise du pouvoir, elle fait table rase du vaste travail de planification réalisé pendant le règne de l’ex-maire Martin Murray et salué partout pour sa clairvoyance et sa pertinence. Moult dossiers immobiliers, tant à l’étude que déjà approuvés, pourraient donc devenir caducs et irrecevables.

Centre-ville sacrifié

Quelle raison est évoquée pour scléroser radicalement un secteur névralgique – et comportant tous les services à distance de marche – en le privant soudain d’habitations abordables et respectueuses des normes d’urbanisme ? La peur d’affecter son cachet ! Pourtant, une partie dudit cachet provient justement de la cohabitation harmonieuse de bâtiments de deux, trois ou quatre étages.

Encore plus loufoque, le plan qualifie le centre-ville de Saint-Bruno… de noyau villageois. Comme s’il s’agissait d’un village historique d’antan ou d’une villégiature !

De plus, le centre-ville n’est pas saturé sur le plan immobilier, car de nombreux terrains demeurent disponibles pour y installer des familles, ce qui dynamiserait le quartier, ses boutiques, commerces, restos, etc.

Choix inexplicable et injustifiable

L’administration Grisé Farand désire plutôt développer des terrains adjacents aux lointaines Promenades Saint-Bruno, à six kilomètres du centre-ville. Alors qu’il y a unanimité sur la nécessité de densification, le maire mise à fond de manière rétrograde sur l’étalement urbain. Sans égard aux conséquences sociales, économiques et environnementales.

À l’ère de l’autonomie alimentaire, Saint-Bruno sacrifiera des terres agricoles fertiles pour ériger des tours à condos longeant l’autoroute 116. Et à l’heure de l’achat local, le maire favorise les grandes bannières étrangères présentes aux Promenades Saint-Bruno et les commerces de Saint-Hubert, à un kilomètre du projet. Il tourne ainsi le dos aux entrepreneurs et aux commerçants qui procurent une âme à sa ville et font travailler des Montarvillois.

Familles abandonnées

Le Comité consultatif d’urbanisme avait déjà donné son aval à divers projets immobiliers offrant plusieurs dizaines de logements abordables près des commerces et des services de base. On ne parle pas ici de massives tours à condos, mais d’habitations accessibles, en symbiose avec le secteur concerné.

Avec son approche controversée, le maire Grisé Farand va isoler des familles dans un secteur où les déplacements piétonniers sont impensables et où la polluante voiture s’avère indispensable. Et en restreignant les constructions neuves au centre-ville, Saint-Bruno créera une rareté et provoquera une nouvelle hausse sectorielle des loyers au détriment des citoyens.

Des villes comme Sherbrooke, Granby, Drummondville, Gatineau, Laval et Longueuil se sont engagées à stimuler la densification urbaine dans un contexte de développement durable. Pourquoi Saint-Bruno reste-t-elle prise dans les années 1970 en conservant le mode désuet et néfaste de l’étalement urbain ?

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