Depuis 26 ans, j’enseigne le théâtre pour ma propre école où se regroupent des enfants, des ados et des adultes, les soirs de semaine ou le week-end, pour s’exprimer, créer et vibrer sur les planches !

Publié le 25 janvier
Martin Gougeon
Martin Gougeon Comédien, auteur et propriétaire d’une école de théâtre à Granby

Pour plusieurs d’entre eux, l’art n’est pas un loisir, mais une nécessité.

Ce n’est pas un caprice, c’est une manière de vivre. C’est un regard sur le monde.

C’est un endroit où ils peuvent être eux-mêmes dans toutes leurs différences.

C’est leur espace de liberté !

Depuis 22 mois, les écoles comme la mienne ont été mises en arrêt de manière intermittente, tout comme les restaurants et l’ensemble des commerces « non essentiels ». (D’ailleurs, quelle douleur d’entendre que nous sommes « non essentiels » alors que nous formons les jeunes de demain. Nous sommes moins essentiels qu’un médecin, j’en conviens, mais moins fondamentaux qu’un psy ? Je pose la question !)

Depuis le début de la pandémie, lors des points de presse, on entend parler de l’importance du sport pour les jeunes : le pouvoir de l’activité physique sur la santé mentale afin d’évacuer le stress et de se réaliser.

Mais jamais n’évoque-t-on l’importance de la culture comme un exutoire pour des milliers de jeunes !

Tous les jeunes ne trippent pas sur le Canadien et plusieurs se foutent éperdument d’avoir une équipe de hockey à Québec. Ces jeunes sont les créatifs de demain dont nous aurons besoin comme artiste, comme ingénieur, comme architecte ou comme auteur !

Des écoles comme la mienne n’ont pas le pouvoir des grandes associations sportives pour faire entendre leur voix dans les médias ! Mais, de grâce, lorsque viendra le temps de redonner vie aux « loisirs », accordez une attention égale tant aux activités culturelles qu’aux activités sportives.

Par la même occasion, vous allez remettre en marche nos écoles d’art qui vivotent depuis 22 mois. Vous allez dire aux profs de danse que leur travail est libérateur, aux profs d’impro que leur créativité est porteuse d’idées et aux profs de théâtre que pour bâtir un monde sensé, ça prend des humains sensibles.

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