Il y a 25 ans, le 23 janvier, le Québec adoptait une nouvelle politique familiale. Cette politique est à l’origine de la création des centres de la petite enfance (CPE), un modèle reconnu mondialement qui fait encore aujourd’hui l’envie de nations et est une grande source de fierté pour le Québec.

Publié le 24 janvier
Elise Bonneville
Elise Bonneville Directrice du Collectif petite enfance

En 1997, notre société était marquée par une présence accrue des femmes sur le marché du travail, une augmentation du nombre de familles monoparentales et recomposées ainsi qu’une hausse inquiétante de la précarité des emplois.

Les nouvelles dispositions de la politique familiale misaient donc sur le développement de services éducatifs à la petite enfance dans le but d’assurer un soutien universel aux familles et une aide accrue aux familles à faible revenu, de faciliter la conciliation des activités familiales et professionnelles, et de favoriser le développement optimal des enfants ainsi que l’égalité des chances.

De plus, l’instauration de cette politique s’est traduite par la mise sur pied d’une allocation familiale unifiée pour enfants et d’un régime d’assurance parentale pour remplacer adéquatement le revenu pendant les congés de maternité et les congés parentaux.

Beaucoup de chemin a été parcouru au cours des 25 dernières années et cette politique – plutôt avant-gardiste à l’époque – a mené à de nombreux accomplissements. Cependant, les enjeux de notre société ont continué d’évoluer, il faut en tenir compte, ajuster nos façons de faire et rêver plus loin.

En faisons-nous assez pour nos enfants, pour nos familles ?

En 2017, à l’occasion du 20e anniversaire de la politique familiale, l’ancienne première ministre Pauline Marois avait livré un message très clair : « Dans cette marche sans fin qui vise à permettre à chacune et chacun d’aller au bout de son potentiel et de ses rêves, l’immobilité n’existe pas. Nous avançons ou nous reculons. Pour prendre la mesure de nos progrès et de nos reculs, il faut s’interroger sur les fondements des orientations que nous avons privilégiées, le chemin parcouru et les résultats obtenus. »

PHOTO DAVID BOILY, ARCHIVES LA PRESSE

L’ancienne première ministre du Québec Pauline Marois

Ainsi, bien qu’il soit important de reconnaître et de miser sur nos acquis, le statu quo n’est pas une option. Il faut, d’abord et avant tout, miser sur la prévention et agir tôt, et ce, dès le début de la grossesse.

Il faut agir ensemble, dans un esprit de collaboration, briser les silos et abattre les barrières qui limitent l’accès des familles aux services dont elles ont besoin.

Il faut préconiser une approche de proximité pour mieux rejoindre les enfants et leur famille. Il faut agir de façon concrète, intensément et en continu pour éviter les inégalités sociales.

Les politiques publiques ont une incidence indéniable sur l’avenir de notre société. Assurons-nous qu’elles puissent adéquatement soutenir l’épanouissement de nos tout-petits en leur offrant les mêmes chances de réussite.

Les tout-petits représentent 10 % de notre société et 100 % de notre avenir. Plaçons la petite enfance au cœur même de nos priorités sociétales. Nous avons tous à y gagner !

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