La longévité n’est pas un simple ajout d’années, elle modifie profondément notre relation à l’existence, disait Patrick Bruckner.

Publié le 19 janvier
Pierrette Lavoie Ste Marie Professeure retraitée

Nous sommes nombreux à être entrés dans le monde de l’âge avancé. Y a-t-il une différence entre les retraités, les octogénaires et les nonagénaires ? L’écart d’âge représente plus d’une génération. Une réflexion s’invite.

Nous sommes le résultat des avancées médicales et technologiques, nous vivons plus longtemps. Comment vieillissons-nous ? Sommes-nous tous dans la même vieillesse ?

L’avancée en âge n’est plus le lot d’un petit nombre de survivants, elle est maintenant la réalité d’une part importante des gens de la planète.

Nous appartenons aux premières générations à vivre aussi longtemps. Nous avons peu de recul pour suivre le « mode d’emploi » des générations précédentes. Il nous faut donc trouver la direction par nous-mêmes.

Il serait pertinent de faire un recadrage du vieillissement, terme général qui nous englobe de 65 à 100 ans. De cette façon, on pourrait observer et décrire les besoins, les intérêts, les préoccupations, la vision de vie de chacune des cohortes et ainsi voir ce qui les caractérise.

Chaque période de la vie se définit par un ensemble de caractéristiques propres à chaque étape.

La vingtaine permet de faire l’expérience des premiers pas dans le monde adulte. À l’âge de la trentaine, c’est le moment des choix parfois provisoires, et ainsi adopter une structure plus stable de vie.

La période de la quarantaine est souvent un moment pour faire un bilan : a-t-on accompli ce qu’on s’était fixé ? A-t-on la vie qu’on désirait ? Les choix sont encore possibles, mais il faut se hâter.

La cinquantaine, c’est l’âge où l’on quitte la jeunesse sans entrer encore dans le monde de la vieillesse. C’est l’âge de la maturité assumée.

Et alors arrive le cheminement de l’âge de la retraite et des périodes qui suivent.

À savoir, se dirige-t-on vers la sagesse ou le renfermement ? Est-on dans l’acceptation des modifications qui s’opèrent, est-ce que la maladie, la santé, la mort deviennent des réalités qui nous interpellent, sommes-nous encore capables de relever des défis ?

Les besoins et les tâches psychosociologiques qui encadrent les périodes du vieillissement se modifient de la soixantaine jusqu’au grand âge. À nous d’explorer les facettes de ces périodes par un partage, une exploration de nos potentiels.

Le moyen de retarder les inconvénients du vieillissement est de rester dans la dynamique de l’action.

Le philosophe André Comte-Sponville a écrit : « L’âge nous oblige à réinterpréter nos vies, à en chercher le fil conducteur, à en peser les réussites, les ratés, les blessures, les moments charnières, à faire le ménage, à prendre des distances. » De là, à nous de trouver ce qu’il reste à faire.

Il y a toujours eu de ces personnes qui transcendent l’âge et laissent des traces par leurs œuvres ou par ce qu’elles sont. Leur ténacité et leur créativité nous inspirent. Nous avons besoin de ces modèles.

Nous avons besoin d’apprendre à mieux vieillir.

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