Nous avons demandé à différentes personnalités ce qu’elles souhaitaient trouver dans leur bas de Noël cette année

Publié le 31 déc. 2021
Andrée-Lise Méthot et Jean Simard Respectivement fondatrice et associée directeure de Cycle Capital Management et président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada

Nous nous sommes demandé ce que nous aimerions retrouver sous le sapin de Noël cette année pour nos aînés, nos familles et nos communautés.

La pandémie a mis en relief la contribution précieuse des aidants naturels, des préposés aux bénéficiaires et les besoins d’aide à domicile dans une économie de plein emploi.

Puis, on s’est dit que le Québec pourrait prendre l’initiative de fermer la grande boucle de solidarité amorcée en pandémie, en créant un programme de « Grand chéquier national » à l’instar du programme européen de Chèque emploi service universel (CESU), qui se veut une offre simplifiée pour déclarer facilement la rémunération d’un salarié à domicile pour des activités de service à la personne (accompagnement d’une personne âgée ou handicapée, entretien ménager, soutien scolaire, petits travaux, etc.).

Le programme CESU permet à l’employé d’avoir accès à l’indemnisation des accidents du travail et aux avantages sociaux existants, tout en s’assurant que toutes les cotisations sociales ont été versées à la source par l’intermédiaire d’un tiers payeur, souvent une grande banque.

L’employeur-utilisateur, une famille ou un individu, bénéficie de l’administration desdites cotisations et d’une protection contre tout recours judiciaire pour accidents de travail, en plus de bénéficier d’un crédit ou d’une réduction d’impôt.

Le gouvernement, quant à lui, capte les cotisations à ses prestations sociales (RRQ, CNESST, etc.), qui échappent normalement aux revenus du travail non déclarés. Un tel programme révélerait ainsi des activités dans nos communautés, jusqu’à maintenant invisibles au système, mais ô combien nécessaires, comme celles de garde d’appoint ou de dépannage, de soutien à domicile, du travail des aidants naturels et celui d’aide-ménager de tous acabits ainsi que de menus travaux allant de la peinture à l’entretien de maison et de terrains. Limité à un certain seuil par foyer, il ne coûterait rien aux contribuables, puisque défrayé par l’utilisateur, et permettrait de valoriser – pour certaines personnes – la formation acquise en temps de pandémie, tout en favorisant la prolongation de la vie à domicile.

Après la pandémie, il y aura des besoins et des exigences supplémentaires de la part des personnes âgées pour obtenir de l’aide à domicile et de la part de parents pour accéder à des services de soutien et de gardiennage d’appoint. Il y aura aussi un gouvernement devant remettre à neuf ses propres comptes qui auront été épuisés d’une manière inédite.

Le gouvernement du Québec, avec les banques, pourrait ainsi s’assurer, dans un geste de solidarité, que le travail invisible dans notre quotidien apparaisse et que toutes ces personnes trouvent leur place, tant du point de vue de leur protection en matière de santé au travail ou de régime de pension que du point de vue de la fiscalité en général. Au bout du compte, tout le monde y gagne.

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