Alors que 33 % des Québécois âgés de 15 ans et plus (Institut de la statistique du Québec, EQLAV 2010-2011) déclarent avoir des difficultés à réaliser certaines activités quotidiennes en raison d’une limitation fonctionnelle temporaire ou permanente, il semblerait que la population québécoise ne connaisse pas encore le terme « accessibilité universelle ».

Publié le 5 nov. 2021
Elsa Lavigne
Elsa Lavigne Directrice générale d’AlterGo, au nom du Collectif accessibilité universelle

Un sondage Léger1 mené par le Collectif Accessibilité Universelle (Collectif AU) auprès de la population québécoise cet automne révèle que seulement 10 % des Québécois ont entendu parler d’accessibilité universelle dans les derniers mois, malgré la campagne électorale. Il s’agit d’un recul de 5 % par rapport à une enquête similaire menée en 2019, preuve que le sujet est peu discuté dans l’espace public. Or, 79 % de la population reconnaît que les personnes en situation de handicap sont mises à l’écart de la société.

L’accessibilité universelle n’est pas qu’un concept de recherche. C’est un changement de perspective qui amène plus de personnes à ressentir un sentiment d’appartenance envers leur société et leur ville, selon Philippe Archambault et Claudine Auger, à la direction scientifique du Centre de recherche interdisciplinaire en réadaptation du Montréal métropolitain (CRIR).

Les élus municipaux doivent prendre leurs responsabilités

Changer la perspective du public envers l’accessibilité universelle reste un travail de sensibilisation de longue haleine, et c’est pourquoi le Collectif a choisi de mobiliser toute sa communauté par différents moyens. La responsabilité de l’inclusion doit aussi être la responsabilité des élus municipaux. Ils peuvent donner l’exemple et insuffler des orientations en cette matière dans leur administration publique.

Les municipalités sont au cœur de la solution, notamment en matière de mobilité, pour que les personnes ayant une limitation fonctionnelle puissent se déplacer correctement et que les personnes aînées puissent faire une marche en sécurité sur les trottoirs de leur ville.

Selon Vicky Michaud, directrice générale du Club des personnes handicapées du Lac Saint-Louis et membre du Collectif AU, l’accessibilité universelle, c’est un mode de vie. Les élus doivent être sensibilisés aux besoins de tous leurs citoyens afin que la gestion de notre ville ainsi que les règlements reflètent enfin les réflexes d’inclusion.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

« La responsabilité de l’inclusion doit aussi être la responsabilité des élus municipaux », écrit l’auteure.

Un concept qui demeure inconnu

De plus, la définition vulgarisée de l’accessibilité universelle – soit de permettre l’accès aux services et aux infrastructures de manière égale – reste inconnue pour la majorité des Québécois : 81 % n’ont pu l’identifier.

Pour la première fois, le Collectif AU a mené une grande campagne de sensibilisation. Des déclarations appuyant l’importance de l’accessibilité universelle ont été adoptées par les conseils municipaux des villes de Montréal, Laval et Longueuil. Une quarantaine de personnes candidates ont été rencontrées et sensibilisées.

Les attentes ne peuvent être plus claires :

– assurer la mise en place d’une politique en accessibilité universelle pour les municipalités ;

– nommer une personne responsable de l’accessibilité universelle dans chaque instance décisionnelle et dans l’administration municipale ;

– mieux consulter les personnes handicapées, et recueillir des informations pour favoriser une prise de décision éclairée en matière d’accessibilité universelle.

Le Collectif AU invite citoyens, candidats et élus à joindre leurs voix à celles des 1000 Québécois qui ont signé la Déclaration pour des municipalités plus accessibles et qui demandent de reconnaître que les citoyens ayant une limitation fonctionnelle vivent encore de nombreux obstacles et que les municipalités peuvent améliorer leur qualité de vie.

Ensemble, plaçons l’accessibilité universelle au cœur du débat public !

1 Le sondage web, réalisé par Léger du 1er au 3 octobre 2021 auprès de 1004 Québécois, a été développé par Formation AlterGo et financé par Centraide du Grand Montréal dans le but de mesurer la notoriété de l’accessibilité universelle auprès des Québécois.

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