Le 7 octobre dernier, ma mère est décédée entourée de bienveillance, de soins professionnels, de délicatesse et de douceur, dans un environnement paisible où une équipe de professionnels hors du commun a pris soin d’elle jusqu’à la toute fin. Ma mère est décédée dans un CHSLD public, précisément au CHSLD Champlain, à Brossard, qui relève du CISSS de la Montérégie-Centre.

Agnès Boussion
Agnès Boussion Boucherville

Elle y avait été admise il y a près de trois ans, à la suite d’un AVC qui avait entraîné certaines pertes cognitives et physiques. Tout au long de son séjour, ma mère a eu le privilège de pouvoir compter sur une équipe qui avait à cœur sa qualité de vie et le lui a prouvé chaque jour. Il y avait Diane et Marie-Pierre, non pas des « anges gardiens », un terme surutilisé au cours des deux dernières années, mais deux préposées exceptionnelles ! Dotées d’un senti, de multiples compétences, d’un savoir-être et d’un savoir-faire, femmes travaillantes et j’en passe ! Je le sais, car nous l’avons vu. Ma sœur Véronique et moi étions présentes au moins trois fois par semaine, nous avons donc pu voir et entendre ! Si nous avions des questions, nous avions des réponses, si nous avions des demandes, il y avait des solutions.

Quoi de plus rassurant pour une famille que de savoir que son proche n’est pas qu’un résidant parmi tant d’autres, mais qu’il est connu et que ses besoins sont respectés.

Il y a eu aussi Marie-Ève, une infirmière praticienne spécialisée de grande qualité, pédagogue à ses heures pour nous expliquer comment l’état de santé de notre mère évoluait. Sans oublier Véronique et Sadia, deux infirmières qui, au quotidien, savaient prendre soin de ma mère avec une approche altruiste et réconfortante. Et Maria, Stéphane, Mario, Myrna et Jultra, Valérie et tellement d’autres ! Tous et toutes ont permis de rendre le dernier passage de notre mère paisible et serein.

Bien sûr, il y a eu cette foutue pandémie ! Oui, ma mère a contracté la COVID-19 et oui, comme son état de santé était précaire, ce virus l’a affaiblie davantage. Mais cette équipe a continué de s’occuper des patients avec toujours la même bienveillance et a tenu à bout de bras ce CHSLD parce que les résidants étaient réellement leur priorité. Souvent, dans différents milieux, nous avons lu ou entendu « l’usager au cœur des priorités » ou « le résidant au cœur des priorités » sans vraiment y croire, car il s’agissait d’un message vide de sens.

Nous avons eu la chance que notre mère soit accueillie dans un milieu où elle aura été LA priorité.

Mais nous savions qu’un jour, la fin du parcours de vie de ma mère allait arriver. Il a fallu prendre des décisions et passer à l’étape de l’accompagnement en fin de vie. Encore une fois, toutes et tous ont été là pour nous soutenir dans ces moments difficiles. Je me rappelle encore des paroles bienveillantes de Diane et Marie-Pierre, de Maria aussi, qui en plus de veiller sur ma mère, prenaient également soin de moi. Tous ces gestes, toutes ces paroles, tout ce savoir-être ont été d’une richesse inestimable pour moi, car c’est grâce à elles et à eux si mon deuil sera empreint de sérénité.

Jamais je n’ai quitté le CHSLD Champlain inquiète. Non, c’est faux, il y a une seule fois où je l’ai quitté inquiète et c’est le 7 octobre 2021, après avoir vidé la chambre de notre mère. Quand je me suis retournée dans l’entrée, j’étais inquiète, car je me suis demandé : « Comment pourrais-je un jour leur dire merci ? »

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