Quoi de mieux qu’une campagne électorale pour sonder nos partis politiques sur leur vision de l’électrification des transports ? Sur leur vision pour faire croître l’économie verte et avoir un impact réel sur notre empreinte environnementale ? Selon nous, chez Lion, ça passe majoritairement par un point bien précis : l’assemblage au Canada.

Marc Bédard
Marc Bédard Président-fondateur de Lion Électrique

Bien sûr, les incitatifs financiers et des politiques fortes sont essentiels lorsqu’on veut développer un nouveau secteur comme celui de l’électrification des transports, tout comme il est nécessaire d’être ambitieux dans nos objectifs à atteindre. Mais tout cela n’aura pas de véritables impacts économiques locaux ni sociétaux si les entreprises de chez nous sont défavorisées par rapport à nos voisins américains, asiatiques et européens. Et nul besoin de vous dire que la compétition est féroce pour les fleurons canadiens.

Nous croyons qu’il est essentiel de préconiser la création d’un écosystème canadien fort en électrification des transports : d’une intégration complète de la chaîne d’approvisionnement en ressources naturelles jusqu’à la production du produit fini en passant par des achats locaux, le développement d’une expertise de pointe qui va servir plusieurs générations à venir, et la création d’emplois bien rémunérés.

Nous demandons au prochain gouvernement de développer une réglementation dans les appels d’offres et dans les programmes d’aide financière en place obligeant l’assemblage au Canada et un important contenu canadien.

C’est actuellement ce que pratiquement tous les pays du monde font en développant des politiques pour encourager leur économie locale. Il est tout à fait normal que les gouvernements encouragent les entreprises locales et la création d’emplois sur leur territoire. Surtout lorsqu’il s’agit du développement d’une toute nouvelle économie.

Soutien gouvernemental

Sans un signal fort du gouvernement du Canada sur l’assemblage au pays, les entreprises locales se retrouveront en situation concurrentielle désavantageuse par rapport aux sociétés étrangères. C’est déjà le cas aujourd’hui alors que les entreprises canadiennes doivent établir une chaîne de production dans les pays où elles s’établissent alors que les entreprises étrangères qui veulent faire des affaires au Canada ont le champ libre.

Et, doit-on rappeler, l’électrification des transports a un effet majeur sur notre croissance économique et la création d’une économie verte. Et ce n’est que le début. Par le truchement de politiques publiques novatrices, le marché canadien des véhicules zéro émission pourrait passer d’une valeur de 1 milliard du PIB et la création de 10 000 emplois en 2015 à une valeur de plus de 150 milliards du PIB et la création de millions d’emplois dès 2040. Ces changements amélioreront notre sécurité énergétique et auront un impact positif sur le retour sur l’investissement que connaîtront les parcs de véhicules électriques grâce à une maintenance moins importante, des cycles de vie plus longs et des coûts d’opération moindres.

Et c’est aussi évidemment une question de lutte contre les changements climatiques. Les véhicules de poids moyen et les véhicules lourds représentent près de 40 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur des transports. D’ailleurs, au rythme où vont les choses actuellement, il est prévu que les GES du secteur du camionnage dépasseront ceux provenant des véhicules légers d’ici 2030. La crise climatique ne nous donne pas le loisir d’attendre.

Alors mettons toutes les chances de notre côté et favorisons l’écosystème canadien d’électrification des transports d’ici et faisons-le maintenant, car nous sommes déjà en retard.

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