L’épidémie de COVID-19 sévit depuis plus d’un an. Au Québec, on sent qu’elle tend à s’essouffler sous l’effet conjugué des mesures de confinement et de la campagne de vaccination. Ce qui n’est pas près de s’essouffler, par contre, c’est l’autre épidémie : la prolifération des cas de forme longue de la COVID-19 qui continuent d’affliger des dizaines de milliers de Québécois et de Québécoises.

Carrie Anna McGinn et Violaine Cousineau Toutes deux aux prises avec la forme longue de la COVID-19

Les chiffres sont implacables : de 10 % à 30 % des patient.es infecté.es vont développer la COVID longue, soit, à ce jour, de 37 000 à 110 000 Québécois.es.

Ces personnes demeureront aux prises avec des symptômes invalidants : fatigue extrême, malaise après le moindre effort, difficultés respiratoires, problèmes cardiaques, troubles du sommeil, problèmes gastroentérologiques, dysfonction cognitive, vertiges, maux de tête, douleurs musculaires et articulaires, perte de l’odorat et du goût, etc.

Une forte proportion des personnes touchées ont entre 30 et 60 ans, n’ont aucun antécédent médical important et n’ont pas été hospitalisées durant la phase aiguë de la maladie : ce sont des gens actifs, des parents, des travailleurs et travailleuses dont le Québec n’a pas le luxe de se priver.

Or, en dehors de rares et louables initiatives locales, l’organisation des soins de santé au Québec ne permet pas à ces personnes d’être adéquatement prises en charge. Une seule initiative de réadaptation conçue spécifiquement pour les malades souffrant de la COVID longue est actuellement disponible, et uniquement pour les résidants de la Montérégie-Ouest. Pourtant, partout au Québec, les cas sont légion : certaines personnes sont malades depuis maintenant plus d’un an. Elles ne peuvent plus travailler, étudier, s’occuper de leur famille, jouer un rôle actif au sein de leur société.

Plus on tardera à offrir des soins aux personnes souffrant de la COVID longue, plus leur cas risque de s’aggraver. Et plus on tardera à organiser les soins à l’échelle du Québec, plus les services à offrir à ces malades seront onéreux.

Comme personnes aux prises avec la forme longue de la COVID-19, nous exigeons que le gouvernement du Québec sorte du déni actuel concernant cette forme pernicieuse de la maladie, qu’il reconnaisse l’existence d’une forme longue et handicapante de la COVID-19 et qu’il investisse rapidement dans des soins adaptés. Oui, il faut poursuivre et financer la recherche sur le sujet, notamment en s’appuyant sur les connaissances scientifiques développées à partir d’autres maladies post-virales. Cependant, il faut aussi rapidement, à la lumière de ce qui se fait ailleurs dans le monde et de ce qui est déjà en place ici, au Québec, développer une offre de soins adaptés qui vont permettre aux malades de commencer à remonter la pente. La solitude, l’isolement et le déni dans lesquels se débattent actuellement les personnes atteintes de la COVID longue ne font pas honneur au Québec : nous pouvons et devons faire mieux, dès maintenant, pour ne pas laisser à l’abandon toutes ces victimes à long terme de la COVID-19.

Ont signé cette lettre des personnes qui sont aux prises avec la forme longue de la COVID-19.

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