Aujourd’hui est la Journée internationale des sages-femmes et l’occasion toute désignée de rendre hommage aux femmes qui jouent un rôle essentiel auprès des femmes enceintes.

Julie Pelletier
Julie Pelletier Présidente de l’Ordre des sages-femmes du Québec

Au Québec, elles sont 268 à exercer cette profession unique bien établie dans la province grâce au travail concerté des familles et des sages-femmes elles-mêmes. Née d’un savoir empirique transmis d’une génération à l’autre, la profession continue de grandir depuis 20 ans. Les témoignages fusent de toute part sur la qualité du travail des sages-femmes et portent sur le cœur qu’elles mettent au service des femmes et des familles ainsi que sur leur dévouement et leurs efforts.

Le rôle des sages-femmes est d’offrir le service d’accouchement dans la communauté, ce qui contribue à pallier la pénurie de main-d’œuvre en obstétrique observée au Québec. Il est d’ailleurs démontré que le suivi pré et postnatal avec une sage-femme diminue le recours aux services hospitaliers d’urgence par les familles. La femme enceinte qui a un suivi avec une sage-femme a accès à une professionnelle de la santé qui est disponible 24 heures sur 24, 7 jours sur 7. Aussi, les taux d’allaitement chez la clientèle des sages-femmes frôlent les 98 %, ce qui a des impacts réels, à long terme, sur la santé des nourrissons, mais aussi de la population. Le suivi par une sage-femme a aussi des effets reconnus sur la diminution des taux de bébés de petits poids et d’accouchements prématurés.

De plus, les sages-femmes sont les professionnelles de la santé qui offrent des services de suivis de grossesse et d’accouchement dans les communautés autochtones. Les femmes peuvent donner naissance dans leur communauté, et ainsi éviter d’être séparées de leur famille. L’Ordre est d’ailleurs très fier de compter, dans ses rangs, des sages-femmes inuites.

Au Québec, comme ailleurs dans le monde, les sages-femmes ont un impact majeur sur la santé des femmes et des familles. Malheureusement, les listes d’attente pour les services de sages-femmes au Québec sont encore trop longues, ce qui fait en sorte qu’elles n’arrivent pas à répondre à la demande et sont à bout de souffle.

À titre d’exemple, pour la région de la Capitale-Nationale, plus de 600 familles souhaitant des services de sages-femmes l’année dernière n’y ont pas eu accès. Pour la région de l’Estrie, c’est plus de 500 familles. Alors que l’Abitibi-Témiscamingue aura sa toute première sage-femme à l’été, Laval demande depuis des années d’avoir des services de sages-femmes, sans succès.

Il y a un réel engouement pour la profession de sage-femme au Québec depuis quelques années déjà. Malheureusement, de nombreuses candidates se voient refuser l’accès au programme de baccalauréat, faute de places. Il est temps qu’un plan de formation de sages-femmes à grande échelle soit établi rapidement afin que chaque femme souhaitant avoir recours à ce service puisse y avoir accès.

Nous sommes sages-femmes. Nous sommes les gardiennes du normal. Nous sommes les descendantes d’une fière lignée qui exercent notre profession. Et tant que les femmes mettront au monde l’humanité, nous serons là pour les accompagner.