La première vague de la pandémie a révélé les horreurs qui peuvent être vécues dans les CHSLD. Des cas lamentables ont pourtant été dénoncés depuis longtemps dans de nombreux rapports tablettés. Malgré cela, au cours des années, on s’est habitué au roulement et au manque de personnel soignant et de préposés, aux mauvaises conditions de travail, au manque d’équipement, à l’absence de reddition de comptes, au recours aux agences et à la culture du secret. C’est finalement devenu la façon de gérer au quotidien. Le virus y a trouvé une voie royale. L’hécatombe a suivi.

Réjean Magny Réjean Magny
Proche aidant dans un CHSLD

Il ne faut pas se leurrer. Il y a maintenant plus d’équipement et plus de bras, mais les problèmes des CHSLD ne sont pas résolus. Il ne suffira pas de bâtir de belles maisons à une population vieillissante. Il y a une réflexion à faire sur notre système de santé, en particulier sur la place des aînés et des personnes vulnérables dans notre société. Les soins doivent être centrés sur les besoins de chacun en puisant toutes les ressources disponibles. Il faudra donc éviter de transférer aux nouvelles maisons des aînés les problèmes qui persistent actuellement dans les CHSLD.

Des équipes plus diversifiées et plus spécialisées, au courant des nouvelles expériences et des découvertes récentes faites ailleurs, devront répondre aux différents besoins d’une clientèle plus âgée et souffrant plus souvent de problèmes cognitifs.

En particulier, les gens atteints de la maladie d’Alzheimer devront bénéficier d’un cadre qui leur procure plus de stimulations grâce à un personnel mieux formé. Ces malades pourront ainsi jouir plus longtemps de petits bonheurs qui sont à leur portée.

On sait bien que la vie ne se termine pas par un âge d’or. Il nous reste à pouvoir partir dans la dignité. Comme Marguerite Yourcenar le fait dire à l’empereur dans Mémoires d’Hadrien : « La vie de l’homme est une défaite acceptée. »