L’auteur s’adresse à la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, et au premier ministre, François Legault

Félix Bhérer-Magnan Félix Bhérer-Magnan
Étudiant à la maîtrise en affaires publiques

Je me suis rendu à la mi-session. Une mi-session que l’on appelle semaine de lecture, certes, mais que l’on appelle aussi une semaine de relâche. Rassurez-vous, je vais relâcher par rapport à mes études, mais pas envers les consignes sanitaires. Par contre, je ne pense pas aller au cinéma, je préfère attendre le retour officiel du pop-corn.

Je suis fier. Je suis fier d’avoir passé à travers la moitié de cette troisième session en ligne. Oui, je « célèbre » ces jours-ci un an d’apprentissage en ligne éloigné du milieu de vie si stimulant qu’est l’université. Un triste anniversaire, vous comprendrez. Un an d’apprentissage en ligne, seul avec moi-même.

Je suis fier d’avoir passé à travers ces mois de janvier et février que j’apprécie peu. Fier d’avoir passé cette deuxième session en ligne, seul, dans ma chambre. Je pourrais compter sur les doigts de la main le nombre d’amis que j’ai vus en personne. Oui, 2021 a commencé aussi virtuellement que 2020 s’est terminée.

Dernièrement, une question m’a effleuré l’esprit : que serais-je sans mon ordinateur en ces temps de pandémie pour continuer d’apprendre ? Je n’ose pas répondre à la question, parce que ma vie (et ma réussite) ne repose que sur mon précieux ordinateur portable.

J’imagine que cette question peut s’adresser à plusieurs autres personnes qui travaillent à la maison avec l’ordinateur comme seul « ami ».

Heureusement, la température des mois de janvier et février a été relativement clémente et ensoleillée. J’ai pu profiter pleinement de mes marches quotidiennes dans mon quartier. Je pouvais prendre mon bain de soleil quotidien et ça me faisait un bien fou. Je vous assure que je commence à connaître mon quartier et ma ville comme le fond de ma poche avec toutes ces marches qui s’avèrent mon dernier exutoire possible. La seule liberté que je puisse m’accorder.

Ces marches me permettent de conserver un semblant de vie équilibré et une santé mentale satisfaisante. Il y a tout de même des journées où le moral est à plat et où des questions surgissent par milliers dans ma tête : à quoi ressemblera notre été ? Vais-je pouvoir faire du camping alors que plusieurs affichent déjà complet avant même le début du mois de mars ? Quand puis-je espérer recevoir ma première dose d’un vaccin ?

Quand puis-je espérer me réunir dans un restaurant avec mes amis pour simplement profiter de notre jeunesse ? Le gouvernement va-t-il nous consulter, nous, les jeunes, pour planifier la relance post-pandémique ?

Autant de questions auxquelles je n’ai malheureusement pas de réponses, du moins pour le moment.

Bon, je vous laisse. Ma semaine de relâche est sur le point d’être lancée. J’ai la ferme intention de profiter de cette semaine pour me ressourcer dans la nature. Je vais en profiter pour me tenir loin de mon écran, loin de mon bureau. Question d’affronter la deuxième partie de ma session, virtuellement.