La saga entourant la toxicité spatiale de l’ex-gouverneure générale envers ses employés de Rideau Hall a contribué à détrôner encore plus nos positions monarchistes, s’il en restait.

Publié le 6 févr. 2021
Marcel Perron
Marcel Perron Neuville

De plus, la démission « obligée » de Julie Payette a également mis en lumière la pension annuelle faramineuse à vie qu’elle touchera, soit près de 150 000 $, à laquelle s’ajoute un montant annuel pouvant atteindre 200 000 $ pour couvrir des responsabilités futures rattachées à son ancienne fonction de gouverneure générale du Canada. Elle rejoint donc ses prédécesseurs qui profitent de la même largesse d’une institution folklorique onéreuse.

Mais d’où nous vient cet archaïsme monarchiste qui, comme un fantôme, vient hanter la vie politique canadienne ?

On a l’habitude de dire que « la reine règne mais ne gouverne pas ». Dans la tradition anglaise, la monarchie constitutionnelle accompagne les gouvernements de pays issus de l’ancien Empire britannique, comme le Canada. Dans une monarchie constitutionnelle, le roi ou la reine détient tous les pouvoirs qui lui sont garantis dans la Constitution dite formelle. Il en va de même dans les pays qui ont calqué leur Constitution sur ce modèle britannique.

Au plan fédéral, le gouverneur général du Canada représente la reine et les lieutenants-gouverneurs représentent cette dernière dans chacune des provinces. Mais on sait très bien que ces représentants de la reine ne gouvernent pas, ils sont des symboles qui obéissent aux volontés des gouvernements élus.

En effet, depuis la reconnaissance du gouvernement responsable au Canada-Uni en 1848, le rôle prépondérant du gouverneur a été remplacé par celui du premier ministre et ses ministres. Si, auparavant, le gouverneur pouvait bloquer par son veto toute loi votée par l’Assemblée, dorénavant, il sanctionne les lois. Le pouvoir est donc dans les mains des élus. Ainsi, pour gouverner, les États se sont dotés de conventions constitutionnelles qui reconnaissent l’autorité du premier ministre et de son cabinet. Donc, dans la Constitution de 1867 et dans la Loi constitutionnelle de 1982, on a intégré ces conventions tacites qui régissent le fonctionnement de nos institutions démocratiques.

Si le Québec pouvait décider seul, il y a fort à parier que la monarchie serait abolie depuis longtemps et celle-ci aurait été remplacée par une Constitution de type républicain. Combien de temps encore faudra-t-il subir ces figurants monarchistes qui coûtent cher au Trésor public tout en perpétuant une tradition passéiste d’un héritage colonial à l’image du colonisateur britannique conquérant ?

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