Autour du parc Outremont, une maison attire l’attention par l’originalité de sa conception avec son toit pointu et la blancheur de son revêtement de stuc. C’est le 345, avenue Bloomfield, œuvre d’Aristide Beaugrand-Champagne. Cet architecte, reconnu parmi les plus importants pour l’histoire de l’architecture du Québec, en a fait sa résidence en 1922. Un peu plus tard, en 1925, c’est lui qui a construit le chalet du parc Outremont.

Matilde Asencio
Résidante d’Outremont

Actuellement, l’arrondissement a pris la décision de modifier ce chalet en l’agrandissant, comme le dit une proclamation affichée depuis la fin de décembre sur les murs du chalet : « Les travaux de réfection et d’agrandissement du chalet du parc Outremont seront effectués dès l’an prochain [2021] ».

L’affiche demande aux citoyens de participer à un sondage qui ne porte pas sur l’agrandissement du chalet, mais uniquement sur d’autres modifications possibles.

Pourquoi ne pas agrandir le chalet

Ce bâtiment est un bien culturel qu’il faut conserver en respectant ses caractéristiques essentielles. Il présente un intérêt certain, selon des critères de l’Étude Bisson sur le patrimoine architectural d’Outremont :

– la rareté : ce chalet est un des premiers exemples de l’usage du stuc, une nouveauté introduite à Outremont par Aristide Beaugrand-Champagne ;

– la longévité : ce bâtiment s’est maintenu conservant ses caractères d’origine pendant 96 ans. Avec son style simple, presque rural, il contribue à l’impression d’être loin de la ville ;

– la contribution à l’harmonie de l’environnement : Aristide Beaugrand-Champagne était architecte et architecte-paysager. Pour ce parc, en septembre 1925, il a conçu ce chalet de petites dimensions qu’il a placé dans une position marginale et entouré d’arbres, laissant le protagoniste aux deux seuls monuments publics du patrimoine artistique d’Outremont qui se trouvent précisément dans ce parc : la fontaine, installée en 1916, et le monument à la mémoire des soldats tombés lors de la Première Guerre mondiale, inauguré en juillet 1925.

L’agrandissement du chalet serait une modification irréversible et, naturellement, sa valeur patrimoniale, irrécupérable.

Restaurer le chalet et en rénover l’intérieur

Le chalet a besoin d’une restauration respectueuse de ses caractéristiques et réalisée avec les matériaux d’origine (portes et fenêtres de bois conformes au style de l’époque…). Et ce, avant que son état ne se dégrade encore plus.

Bien sûr, la réfection de l’intérieur du chalet est nécessaire afin de moderniser les toilettes publiques et les rendre plus accessibles. Mais gardons l’ambiance champêtre, bucolique de ce parc charmant avec son chalet dont le style et les dimensions lui conviennent si bien.