En réponse à la chronique d’Isabelle Hachey, « Le laboratoire israélien », publiée le 14 janvier

Publié le 18 janv. 2021
David Levy
David Levy Consul général d’Israël au Québec et aux provinces de l’Atlantique

Dans la chronique de La Presse du 14 janvier dernier, intitulée « Le laboratoire israélien », Isabelle Hachey accuse Israël de refuser le vaccin au peuple palestinien.

Cette fausse accusation est absurde si l’on considère que depuis les accords d’Oslo en 1994, l’Autorité palestinienne a pris le contrôle de l’ensemble de la fonction publique civique palestinienne, de son éducation, de ses transports et, surtout, de son système de santé.

En fait, les accords d’Oslo ont été salués par la communauté internationale comme étant un pas dans la bonne direction pour la paix. Il est cependant regrettable que l’Autorité palestinienne refuse de négocier avec l’État d’Israel et de conclure les négociations avec Israël pour un accord de paix, comme d’autres pays arabes l’ont fait. Il est regrettable que l’Autorité palestinienne soit corrompue et que les milliards de dollars investis par la communauté internationale soient gaspillés pour la violence et la promotion du terrorisme par le gouvernement palestinien, contre Israël. Il est également regrettable que Gaza soit sous le contrôle du Hamas, une organisation terroriste islamique et radicale reconnue, qui ne se soucie pas du bien-être de son propre peuple. Considérant ces faits, on ne peut pas blâmer Israël pour les erreurs des Palestiniens.

En ce qui concerne la santé du peuple palestinien, quand Israël est sollicité pour de l’aide, nous répondons immédiatement en formant des professionnels de la santé palestiniens et en assurant le transport de l’équipement et des médicaments nécessaires à Gaza, sans restrictions et, dans des cas graves, en accueillant les Palestiniens dans les hôpitaux israéliens.

Il se trouve qu’en ce qui concerne le vaccin contre la COVID-19, Israël a négocié avec Moderna et Pfizer-BioNTech pour l’achat du vaccin, tandis que les Palestiniens ont négocié avec les producteurs des autres vaccins comme Sputnik V de la Russie et Astrazeneca. Nous savons qu’ils recevront bientôt les premières doses du vaccin qu’ils se sont procurées.

La vaccination du peuple palestinien est une priorité absolue pour Israël, puisque plus de 150 000 Palestiniens se rendent chaque jour en Israël pour y travailler. Il est évident que la pandémie de COVID-19 en Israël ne sera pas terminée tant qu’elle ne sera pas également terminée dans les territoires palestiniens.

Pour conclure, accuser Israël de ne pas avoir vacciné les Palestiniens alors que le système médical a été transféré aux Palestiniens il y a plus de 25 ans montre un manque de recherche en la matière, représente un double standard et pue l’hypocrisie.

Il s’agit d’un combat mondial. Nous sommes tous dans le même bateau. Israël espère que les données recueillies par la campagne de vaccination rapide et partagées avec Pfizer serviront le monde entier pour le mieux, y compris nos voisins les Palestiniens, et évidement, le Québec.

Réponse d’Isabelle Hachey

Monsieur Levy, le jour même de la publication de ma chronique, deux experts indépendants de l’ONU ont appelé Israël à assurer l’égalité d’accès aux vaccins pour les Palestiniens. 1

« Moralement et légalement, cet accès différentiel aux soins de santé nécessaires au milieu de la pire crise sanitaire mondiale du siècle est inacceptable », ont fait valoir Michael Lynk, rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme dans les territoires palestiniens occupés et, Tlaleng Mofokeng, rapporteur spécial sur le droit à la santé.

Selon eux, 4,5 millions de Palestiniens resteront exposés au coronavirus pendant plusieurs semaines « tandis que les citoyens israéliens vivant à proximité et parmi eux, y compris des colons israéliens, seront vaccinés ».

En tant que puissance occupante, Israël est tenu, en vertu de la quatrième Convention de Genève, de « maintenir des services de santé dans le territoire occupé, dans toute la mesure des moyens dont il dispose », ont rappelé les deux experts.

Les accords d’Oslo, rappellent-ils encore, doivent être interprétés et appliqués conformément au droit international. « La responsabilité ultime des services de santé reste celle de la puissance occupante jusqu’à ce que l’occupation ait pris fin de manière complète et définitive. »

– Isabelle Hachey

1 Lisez la position des deux experts indépendants de l’ONU

> (Re)lisez la chronique d’Isabelle Hachey du 14 janvier

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