Dégrader, altérer, souiller ou détruire un écosystème. Ai-je besoin de définir l’acte de polluer ? J’ose également espérer qu’il est inutile d’expliquer les effets de cette action humaine sur son propre habitat. Nous savons maintenant que les conséquences sont sérieuses, désastreuses et même irréversibles. Ultimement, la pollution environnementale assombrit le futur et met en péril la survie de nombreux êtres vivants.

Publié le 17 janv. 2021
Martin Picard Gestionnaire et entrepreneur

Et si la pollution pouvait aussi être intellectuelle ? Je fais le postulat que le cerveau est une biosphère, dans laquelle règne une homéostasie. Cet équilibre peut toutefois, comme pour la nature, être mis à rude épreuve. L’image est amusante ; l’actualité me permet d’y croire.

Les scènes observées au Capitole des États-Unis ne sont pas attribuables uniquement à des gens vils. De même, les millions de personnes qui ont voté pour Trump ne sont pas des incultes. Certes, je dénonce, sans réserve, haut et fort, la violence, et ce, sous toutes ses formes. Par contre, je crois qu’il est important de revoir le partage des responsabilités de chacun dans tout cela.

Malheureusement, ils semblent être plusieurs à avoir atteint par les mots le statut de pollueurs de masse. Par ceux qui, sans remords apparents, dégradent, altèrent, souillent et détruisent l’intellect des autres. Ce processus est inquiétant. Pernicieux. Ce processus doit être exposé. Ses auteurs condamnés.

La contamination paraît d’abord anodine. Puis, elle s’installe. La pensée de ceux qui en sont atteints évolue. Un jour, les modifications sur ces environnements s’accélèrent et le corps touché se métamorphose.

Jusqu’à croire aux mensonges, à détester son voisin ou que sais-je encore. Pis, jusqu’à se gangrener au point de devenir un agent pollueur à son tour. Et le climat global change, devenant propice aux catastrophes humaines.

Poussons la comparaison un peu plus loin, au risque d’alimenter les critiques.

Pour vitaliser l’économie, la recherche du profit s’est souvent faite aux dépens de la santé environnementale. En souhaitant améliorer notre sort, nous avons donc permis à l’industrie d’hypothéquer ce que nous avons de plus précieux. Nous agissons de la même façon en ce qui concerne notre liberté d’expression. Pour la défendre, nous avons permis à certains de la brandir à des fins ignobles. Par peur de bafouer ce droit, nous avons minimisé, souvent justifié, des paroles inacceptables.

Maintenant, comme pour l’économie, qui a des envies de se verdir pour ajuster son offre à la demande, il faut repenser à l’usage que nous faisons de nos libertés fondamentales. Avant d’endiguer les sources de vérités alternatives ou de théories du complot, regardons-nous. Commençons par des gestes simples, empreints de respect, qui rassemblent au lieu d’exclure, qui sont applicables chez nous, au quotidien. Ainsi, nous cesserons peut-être de nourrir – d’enrichir – l’argumentaire de ces crapules, les pollueurs de l’esprit.

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