Noémie Veilleux
Noémie Veilleux Présidente de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ)

Ne nous le cachons pas : la session d’hiver s’annonce exigeante, voire pénible, sur le plan psychologique pour la population étudiante collégiale. Alors que 64 % des personnes étudiantes sondées par la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), grâce à l’enquête nationale « Derrière ton écran », mentionnent avoir vu se détériorer leur état de santé psychologique, un sondage du ministère de l’Enseignement supérieur rapporte que ce sont 16 % des personnes étudiantes qui songent à abandonner leurs études.

La Fédération étudiante collégiale du Québec sonne l’alarme. Nous ne pouvons pas nous permettre une telle vague de décrochage scolaire.

La relance socio-économique post-crise dépend de la jeunesse. C’est notamment par sa capacité à innover et grâce à ses ambitions que le Québec pourra évoluer vers une économie plus juste et plus humaine. Négliger la population aux études supérieures, c’est refuser de voir l’évidence : pour les prochaines décennies, la crédibilité économique du Québec dépendra d’elle.

Alors que la condition étudiante est à son plus précaire depuis le début de la crise, il importe de reconnaître que, malgré les différentes avancées, du travail reste à faire pour assurer aux personnes étudiantes des conditions viables favorisant la réussite. Si la FECQ militait, l’automne dernier, pour un standard minimal de présentiel sur les campus, force est de constater que l’espoir de retrouver une certaine stabilité s’est envolé avec la hausse du nombre de cas au Québec. Les associations étudiantes en sont ainsi à instaurer d’autres mesures permettant à chaque personne souhaitant obtenir un diplôme d’études supérieures d’avoir tous les outils nécessaires pour y arriver.

Pour donner suite aux pressions des associations étudiantes, le gouvernement a investi 20 millions de dollars en santé mentale pour le postsecondaire.

Naturellement, le réseau a accueilli ces sommes à bras ouverts, mais il semble difficile d’en voir les impacts concrets sur les services d’aide psychosociale. Cet hiver, les associations souhaitent voir une diffusion massive des services offerts aux personnes étudiantes.

Le budget du Québec 2021 risque fort d’être marqué par le financement d’un plan d’action national sur la santé psychologique en enseignement supérieur. Cependant, il ne faudrait pas que les bancs d’école se vident d’ici à son implantation, auquel cas tout investissement passé ou futur sera vain.

Il semble tout aussi important que chaque personne étudiante puisse accéder à un espace propice aux apprentissages. L’enquête « Derrière ton écran » relevant que 27 % des étudiants n’ont pas accès à un lieu calme et propice à la concentration, l’annonce de la réouverture des bibliothèques municipales est certainement bien accueillie chez les étudiants. Les espaces de travail manquent et pour assurer un bon soutien aux étudiants, les établissements collégiaux se devront d’emboîter le pas en ouvrant les portes de leurs bibliothèques hors des heures régulières de cours.

PHOTO ERICK LABBÉ, ARCHIVES LE SOLEIL

« La réouverture des bibliothèques municipales est certainement bien accueillie chez les étudiants », souligne l’auteure.

Dans une précédente lettre ouverte1, la FECQ faisait mention des difficultés vécues par les étudiants lorsqu’il était question de la pluralité des plateformes utilisées pour l’enseignement à distance. Les personnes enseignantes se sont solidairement engagées, par l’entremise d’une lettre d’entente, à diminuer le nombre de plateformes technologiques utilisées dans le cadre de leurs cours. Considérant que 68 % des étudiants ont vu leur charge de travail augmenter depuis le début de la crise, les associations étudiantes veilleront à ce que cet engagement soit respecté.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann

Cette session, le mot d’ordre est la communication. La communauté étudiante a besoin de voir sa ministre faire preuve de leadership, de proactivité, et de sentir qu’elle n’est plus laissée à elle-même. Les associations étudiantes espèrent que cette rigueur animera Danielle McCann jusqu’au dernier jour de la session d’hiver.

D’ici là, elles ne manqueront pas une occasion d’améliorer les conditions d’études de la communauté collégiale.

1 Lisez le texte de la FECQ

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