La phrase de Paul Bougon lors du Bye bye 2020 restera célèbre et emblématique de certains aspects de la gestion de crise faite par Ottawa : « Pus besoin de fourrer le gouvernement, y se fourre tu seul ! »

Jean-Paul Plante Jean-Paul Plante
Magog

Après neuf mois de feuilleton COVID-19, tous conviendront que personne ne voudrait se retrouver dans les souliers de François Legault, de Justin Trudeau et des responsables de la santé publique en première ligne de la lutte contre ce sournois ennemi, qui n’est malheureusement pas arrivé avec son « mode d’emploi » !

Sans vouloir jouer aux gérants d’estrade, on ne saurait nous reprocher de porter un regard critique sur certaines décisions prises par nos gouvernements parce que, contrairement aux commentaires de personnes qui sont loin de l’action, nous sommes bien sur la même patinoire que nos dirigeants dans ce duel sans merci avec le coronavirus.

En effet, nous portons non seulement les conséquences de l’action (ou de l’inaction) de nos élus, mais nous agissons aussi comme bailleurs de fonds de cette lutte contre la pandémie, car c’est bien le fruit de nos impôts que ceux-ci investissent (ou dilapident) pour pallier les impacts de la crise actuelle.

À ce titre, la moindre des choses à laquelle on est en droit de s’attendre de la part de nos dirigeants porte le nom de COHÉRENCE !

On a appris il y a quelques jours que les voyageurs qui rentrent au pays, que le voyage soit essentiel ou non, pourront bénéficier d’une aide fédérale de 1000 $ pour compenser les revenus perdus pendant la quarantaine obligatoire à laquelle ils doivent se soumettre ! N’ajustez pas votre appareil… vous avez bien lu ! En matière d’aberration, cette décision s’inscrit au même titre que le laxisme qui a présidé aux versements des chèques de la Prestation canadienne d’urgence, la PCU.

Tout comme les fêtards, les négationnistes et les complotistes, ceux et celles qui, au nom de la « libââârté », ont choisi de déroger à la consigne d’éviter tout voyage non essentiel devraient assumer la pleine conséquence de leurs choix. On ne saurait reprocher à Ottawa d’imposer aux voyageurs, en raison de l’évolution de la situation devenue de plus en plus critique et à la demande de premiers ministres provinciaux, un test de dépistage et une période de quarantaine.

L’aide financière accessible aux voyageurs pour pallier les inconvénients de la quarantaine est aussi indécente que révoltante, autant pour les travailleurs de la santé que pour tous ceux et celles qui, par conscience sociale, ont choisi de respecter les consignes de la Santé publique. Le patriarche de la famille Bougon a bien raison : « Pus besoin de fourrer le gouvernement, y se fourre tu seul ! »