Cette lettre de la ministre déléguée à l’Éducation, un message d’espoir, s’adresse aux adolescents et adolescentes sportifs.

Isabelle Charest Isabelle Charest
Ministre déléguée à l’Éducation et ministre responsable de la Condition féminine

Je prends un moment pour te dire que j’entends ton cri du cœur face à la situation, j’entends ta détresse, et je la comprends.

Tu ne le sais probablement pas, mais bien avant d’être ministre, j’ai été une ado qui ne carburait qu’à une chose : mon sport, le patinage de vitesse. Cette passion m’a permis de me connaître, de socialiser, de construire mon cercle d’amis, de me définir, de consolider mes valeurs, de me fixer des objectifs, de me surpasser, d’apprendre l’importance du travail, de la résilience, et de devenir la femme que je suis. Le sport, c’est là où j’ai vécu la plupart de mes meilleurs moments, mais aussi plusieurs de mes plus éprouvants revers. Grâce à mon sport, j’ai pu relever de grands défis, comme celui de participer trois fois aux Jeux olympiques et d’y remporter autant de médailles.

Je suis consciente que j’ai été extrêmement privilégiée de pouvoir poursuivre ma quête durant ma jeunesse, d’avoir sur mon passage les personnes, les ressources, les moyens pour vivre mon rêve. Mais je sais bien que ce n’est pas le cas pour tous. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je me suis lancée en politique, pour faire en sorte que le plus grand nombre de jeunes puissent avoir la chance que j’ai eue de poursuivre leurs passions.

Durant ma carrière, j’en ai vécu, des épreuves, mais jamais comme cette crise de la COVID-19. Et je peux tellement comprendre la frustration que tu éprouves face à cette situation qui te prive de tout ce que tu aimes, ton sport, tes amis, l’école… Je sais que c’est un bien grand sacrifice que tu fais, parce qu’au fond, ce n’est pas toi qui es le plus à risque avec ce foutu virus, ce sont tes grands-parents, tes arrières grands-parents, ou même des inconnus qui ont une santé fragile. Mais c’est beaucoup à toi qu’on demande de tout mettre sur pause, le temps que la crise se résorbe.

Cette pandémie, c’est comme une blessure sportive, pas à toi, mais à toute la société. Comme toute bonne blessure, avant de pouvoir reprendre l’entraînement, on a besoin du GO du médecin pour s’assurer qu’on n’empire pas la situation, qu’on ne se retrouve pas encore plus mal en point qu’avant le retour au jeu. C’est la même chose avec la COVID-19. Avant de déconfiner, on a besoin de s’assurer que la situation est sous contrôle, pour ne pas avoir à tout recommencer.

Je sais que tu as besoin de bouger, d’être stimulé, de reprendre l’entraînement, de voir ta gang. Je le sais parce que si j’avais encore ton âge, j’en aurais besoin aussi. Alors ce que je peux te dire c’est que je ne t’oublie pas et que je travaille très fort avec la santé publique, avec mon équipe, mais aussi tout le milieu du sport et des loisirs pour mettre en place des conditions qui te permettront de retrouver ton terrain, ton équipe, ta passion, le plus rapidement possible.

Nous avons fait un premier pas le 13 mai dernier en permettant la reprise de certaines activités. Ce n’est peut-être pas tes préférées ou celles qui te passionnent le plus, mais c’est un signe encourageant. Il faut le voir comme une lueur d’espoir dans notre cheminement qui nous permettra à tous de retourner au jeu.

Je te remercie de faire un si grand sacrifice pour que toute la population se porte mieux et je te dis surtout de ne pas désespérer, on va bientôt y arriver !