Tout bon fan de hockey aime les chiffres.

Jean Sébastien Lozeau Jean Sébastien Lozeau
Papa, réalisateur, auteur et entrepreneur

Le parent publie le nombre de buts que marque son enfant. L’entraîneur tient le décompte du nombre de tirs par période. Les amateurs de houblon rêvent de terminer au premier rang des marqueurs de leur ligue de garage. Et le jeune joueur connaît le record de points de La Merveille.

C’est connu, le hockey est une affaire (entre autres) de statistiques. Pas besoin d’être Fern des Boys ni Gerry Rochon pour savoir que le Canadien a gagné 24 Coupes Stanley et que le Rocket est le premier à avoir compté 50 buts en 50 matchs.

Le hockey ne fait pas cavalier seul quand il s’agit de chiffres. Le monde politique s’y abreuve tout autant. Et puisqu’il est préférable de parler la même langue pour s’entendre, parlons donc le langage des chiffres.

La population du Québec se chiffre à plus de 8,5 millions d’habitants. Parmi elle se trouvent plus de 96 000 jeunes joueurs et joueuses de hockey. Chaque année, ces jeunes joueurs et joueuses partagent les valeurs qu’a mis de l’avant le fondateur des Jeux olympiques de l’ère moderne, Pierre de Coubertin. Pour ce visionnaire, le sport constituait l’un des droits fondamentaux dont devait pouvoir jouir tout être humain. On parle bien plus que des bienfaits des cubes énergie ici. On parle de l’estime personnelle et de la santé physique et mentale de nos enfants.

Chez les adolescents, le suicide demeure la deuxième cause de décès. Le taux de détresse psychologique élevée chez les jeunes atteint 37 % et est en hausse constante, et les troubles anxieux ont doublé en six ans.

Selon l’Institut national de santé publique du Québec, il apparaît nécessaire d’agir en amont des problèmes de santé mentale et de miser non seulement sur la prévention des troubles mentaux, mais également sur la promotion de la santé mentale dans sa dimension positive. Et le sport représente un des outils de choix pour le faire.

Pour le bien-être des jeunes

Le premier ministre du Québec a répété maintes et maintes fois que la réouverture des écoles était pour contrer la déprime chez les jeunes. En tant que papa d’un sportif de 11 ans, je suis bien placé pour affirmer que la pratique d’activité physique est la meilleure façon pour que les enfants gardent leur santé mentale.

La vice-première ministre a mentionné qu’il fallait tous être en mode solution. Une de celles-là est de redonner dès maintenant aux jeunes ce qu’on leur a enlevé. 

Partout sur la planète, les spécialistes disent qu’on doit apprendre à vivre avec ce virus. Il faut cesser d’agir avec la peur comme vecteur de nos décisions. 

Nelson Mandela disait que le courage n’est pas l’absence de peur, mais la capacité de la vaincre. Soyons courageux tous ensemble.

Les plus récentes statistiques parlent. Il n’y a aucun décès pour la tranche d’âge de 0 à 29 ans. Et le taux d’hospitalisation pour les 0 à 18 ans est de 0,4 %.

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, mentionne régulièrement qu’il y a deux Québec : celui des CHSLD et le reste. Ne traitons pas nos enfants comme s’ils étaient en CHSLD. Ils sont encore trop jeunes pour ça.

En Ontario, le gouvernement autorise la réouverture des centres d’entraînement des équipes professionnelles. Au Québec, les Québécois sont reconnus pour leur génie créatif et leur ingéniosité. Peut-on en faire preuve de façon intelligente dans le sport ?

Un plan qui fonctionne

Il y a moyen de faire jouer une équipe de 17 joueurs contre une autre équipe de 17 joueurs à cinq contre cinq dans un aréna. Pourquoi ne pas tester chaque équipe, chaque joueur, chaque parent, chaque entraîneur et chaque arbitre ?

Il pourrait y avoir un maximum de deux entraîneurs derrière le banc (munis d’un masque), un seul parent par joueur dans les gradins (tous à deux mètres les uns des autres), aucun autre spectateur, rendre accessible la diffusion internet gratuite des matchs (plusieurs arénas l’offrent déjà), se saluer en levant le bâton (au lieu du traditionnel serrage des mains au milieu de la glace), etc.

C’est souvent à 4 ou à 5 ans qu’un enfant commence à jouer au hockey. Ses parents l’amènent à l’aréna à l’aurore. Deux fois par fin de semaine. Un peu plus vieux, l’enfant a des pratiques la semaine, et ça arrive qu’elles aient lieu un mercredi à 17 h. Les parents s’organisent comme ils peuvent. Puis il y a les tournois et les samedis et les dimanches passés dans des enceintes parfois désuètes partout au Québec.

Un peu plus tard, certains atteignent les catégories compétitives. D’autres non. Une chose les unit : la passion. Derrière chaque joueur, il y a des sacrifices. Du joueur. Et de ses parents. Des sacrifices de temps. Et d’argent. C’est plus de 500 joueurs (et leur famille) qui, chaque année, évoluent dans nos clubs élite midget et junior. Des années consacrées à un objectif : atteindre le sommet.

Réalisons-nous que quelques mois peuvent détruire 10 ou 15 ans de travail acharné ?

Les géants de ce monde ont pensé « en dehors de la boîte » pour réinventer notre monde. Chaque fois, ils ont amélioré ce qui existait déjà. Ne tombons pas dans le piège de la facilité en changeant quelque chose pour quelque chose de pire.

Donnons de l’oxygène à nos jeunes. Laissons-les s’imaginer et se rêver. C’est peut-être ça le vaccin, au fond.