Ce printemps 2020, afin de connecter davantage les enfants à la nature, l’ONU Environnement en partenariat avec Ted Talks, une ONG qui a comme mission le partage d’idées inspirantes, ont créé l’École de la Terre. Cette initiative dépeint nos progrès en matière de conscientisation environnementale de la communauté internationale, prise de conscience qui a pris du temps !

Geneviève Roy-Lemieux Geneviève Roy-Lemieux
Experte de l’Organisation des Nations unies et fondatrice d’Universala

La scientifique Rachel Carlson, une biologiste américaine, nous avait prévenus des effets néfastes des actions humaines sur l’environnement en 1962 dans son ouvrage Le printemps silencieux. La communauté internationale ne commença à s’intéresser à cette question officiellement qu’en 1972 avec la création d’ONU Environnement. Subséquemment, de nombreux ministères de l’environnement furent créés dans le monde.

Cette prise de conscience prit un nouvel élan dans les années 80 en raison des pressions publiques exercées par les citoyens, notamment des pays occidentaux, en vue d’un plus grand respect de l’environnement de la part des entreprises privées. L’environnement devint un enjeu au cœur des négociations internationales en 2013 avec la création de l’assemblée de l’Environnement de l’ONU Environnement, équivalent du parlement mondial de l’environnement. Puis, en 2015, fut adopté l’accord de Paris sur le réchauffement climatique.

Aujourd’hui force est de constater que les actions de l’ONU au niveau supranational ne suffisent pas à changer les comportements des États et à prévenir les crises mondiales actuelles. N’oublions pas que les décideurs et financeurs de l’ONU sont les États membres. De plus, leur participation aux activités de l’ONU est du ressort de leurs politiques étrangères. Alors nous pouvons nous demander si la fixation d’objectifs communs et d’actions coordonnées au niveau mondial ne serait pas une utopie.

Malgré son pouvoir d’action limité, l’ONU demeure un acteur clé surtout en ces temps de clivage et d’hyper-nationalisme, notamment lié à la COVID-19. 

D’autres entités viennent à la rescousse de l’ONU et de notre planète. En effet, on assiste à l’émergence d’acteurs dont les actions sont complémentaires à celles de l’ONU, comme les entreprises émergentes, de véritables incubateurs d’idées créatives et innovantes prêtant main-forte aux institutions publiques nationales et internationales.

Une période paradoxale

Ces changements de dynamiques sont source d’espoir, en ces temps de crises mondiales. Nous vivons dans une période paradoxale dans laquelle, d’une part, chaque État est en tout premier lieu préoccupé par ses propres intérêts nationaux alors que nous devons urgemment coordonner les actions au niveau mondial et, d’autre part, cette crise nous a reconnectés avec les valeurs plus profondes et cette période de confinement fut inestimable pour l’humanité, qui remit en cause sa raison d’être.

De cette crise pour le moins imprévue émergea un désir de la part de la communauté internationale de prendre plus soin de notre planète et de l’humanité dans son ensemble.

Des transformations sont en cours et nous pouvons nous poser la question suivante : notre monde mondialisé se transformera-t-il dans un avenir rapproché en un monde plus écomondialisé ? Seul l’avenir nous le dira, mais nous avons actuellement l’occasion de le transformer et cette transformation commence au niveau individuel, par nous tous, vecteurs de changement.

En dépit de la lenteur des bureaucraties actuelles, certains acteurs ont un pouvoir d’action plus rapide, notamment les entreprises émergentes. Nous en sommes rendus dans l’histoire de l’humanité à une ère marquée par la coopération multipartite, le partage de valeurs communes, y compris la préservation de notre Terre, qui si gentiment nous héberge.

Préparons-nous, chers citoyens, à nous montrer à la hauteur des valeurs promulguées par l’ONU, comme l’intégrité et le respect de la diversité, et à travailler main dans la main pour un avenir meilleur.