L’internet regorge d’informations concernant le rôle du masque pour ralentir ou contenir la transmission de la COVID-19.

Richard Bruno Richard Bruno
Fellow invité, Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations

Les directives émises jusqu’à la semaine dernière par notre gouvernement sont des mesures éprouvées pour ralentir la progression de la COVID-19. Elles sont simples : le confinement volontaire, le lavage des mains et la distanciation physique, doublés par des tests, la traçabilité et le confinement obligatoire des individus contaminés.

On peut également tirer des leçons de la situation au Danemark, à Taiwan, entre autres pays. Le gouvernement danois semble avoir réussi à maintenir un R0 (taux de reproduction)* de 0,6. Le R0 est un indicateur qui permet de mesurer le taux de transmission réel de la pandémie et, dans le cas du Danemark, il indique qu’en moyenne et sur une période de quelques jours, 10 personnes infectées en ont infecté 6 autres. La bonne nouvelle étant que, si ce rythme de transmission est maintenu durant trois à quatre mois, le pays a de bonnes chances de ne plus avoir de citoyens infectés.

Mais cela se produira uniquement si, par exemple, le Danemark ferme ses frontières — terrestres, aériennes, maritimes — et les garde hermétiquement fermées pour une période de temps indéterminée.

Malheureusement, cette solution est inapplicable à long terme : s’ils veulent simplement survivre, les États ont besoin que les activités commerciales reprennent ! Et c’est pourquoi les gouvernements décideront très bientôt de suspendre les mesures de confinement de leur liste de mesures obligatoires.

Que faire ?

La transmission du virus peut être réduite lorsque les citoyens adoptent l’usage du masque en public tout en continuant à appliquer les mesures prescrites par les autorités, à l’exception du confinement.

Chaque fois que nous devons sortir de la maison, chacun devrait porter un masque qui couvre entièrement la bouche et le nez… tout en se rappelant que, dans la vraie vie, un niveau de sécurité de 100 % n’existe pas !

Nous ne devons jamais perdre de vue que, chaque fois que nous mettons ou retirons notre masque, le virus peut se propager par simple contact avec la surface extérieure du masque. En somme, si vous touchez la surface infectée puis que, sans trop vous en rendre compte, vous vous touchez le visage, en particulier les yeux, le nez ou la bouche, vous pouvez vous infecter. C’est la raison pour laquelle vous devez impérativement vous laver soigneusement les mains chaque fois que vous mettez ou retirez votre masque.

C’est également le moment pour nos gouvernements d’annoncer des directives très claires pour le port des masques et d’établir les normes pour ces masques.

Et ces normes devraient s’attacher à décrire tant le design des masques que les tissus et le nombre de couches à utiliser pour les produire. Ces normes devraient également être rendues publiques afin que les individus, de même que les petites et les moyennes entreprises, puissent s’y référer pour les produire. La transmission de ces informations devient urgente, en particulier dans le contexte du retrait imminent de certaines des mesures de confinement qui avaient été imposées au début de la pandémie.

Voici maintenant trois types de situations : 

– une première illustration de la situation actuelle, avec les mesures recommandées, sans le masque, où on peut arriver à un niveau de Ro de 0,6 (par exemple, comme au Danemark).

– une seconde série de trois illustrations de port de masques, avec des probabilités de transmissions hypothétiques entre deux personnes.

– et une dernière illustration qui nous indique que si l’ensemble des mesures sont bien suivies, y compris le port du masque, elles pourraient nous amener à une réduction significative de la transmission du virus de l’ordre de 10 personnes n’infectant que quatre autres personnes, soit un R0 de 0,4 (comme à Taiwan). On sait qu’il n’y aura pas 100 % de la population qui adoptera ces pratiques, mais si c’était possible, on pourrait peut-être arriver à un R0 de 0,1, c’est-à-dire 10 personnes n’en infectant qu’une seule autre.

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