Au moment où la pandémie de COVID-19 attaque le monde entier, l’infodémie, ou plus précisément le virus d’informations fausses, inexactes, voire malveillantes, se propage plus rapidement que la COVID-19, et provoque des dégâts de même importance que la pandémie. J’aimerais faire part de mes réflexions à cet égard.

Xueming Chen Xueming Chen
Consul général de la République populaire de Chine à Montréal

Certains disent que la Chine a caché longtemps la vérité de l’épidémie et embelli délibérément ses chiffres, causant ainsi la pandémie dans le monde entier.

En réalité, le 27 décembre dernier, un cas de pneumonie d’origine inconnue a été identifié pour la première fois par la Dre Jixian Zhang à Wuhan. Trois jours plus tard, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Chine en a été informée. Le 3 janvier, la Chine a officiellement commencé à notifier l’OMS et les autres pays du monde.

Aussitôt que nous avons confirmé la transmission interhumaine de ce tout nouveau virus et supposé son taux de mortalité plus élevé que la grippe, la ville de Wuhan, peuplée de plus de 10 millions de personnes, a été confinée, le 23 janvier.

À ce moment-là, on comptait 571 cas confirmés en Chine et 10 dans le reste du monde. Le confinement d’une telle grande ville devrait avoir sonné le plus haut niveau d’alarme. Si ce signal n’est pas encore assez fort, qu’aurait dû faire la Chine pour qu’on ne considère pas qu’elle cachait la vérité sur l’épidémie ?

En regardant les expériences de lutte contre la COVID-19 de tous les pays du monde, on constate qu’il est inévitable d’avoir des imperfections en matière de gestion de crise et de statistiques. Ouverte, transparente et responsable dans ses efforts, la Chine s’efforce de détecter, signaler, isoler et soigner les malades le plus tôt possible, et observe le principe de mettre ensemble les malades, les experts et les ressources médicales dans des hôpitaux de haut niveau.

Le 17 avril, comme la situation était en général contrôlée à Wuhan, le gouvernement local a révisé et corrigé ses chiffres de cas confirmés et de décès, revoyant en hausse la mortalité à 7,69 %. Ces chiffres ont été rendus publics dans les meilleurs délais. Nous éprouvons une grande douleur pour la perte de ces vies, et nous espérons que les chiffres révisés pourront servir de référence pour mieux combattre l’épidémie dans le futur. Voilà ce que la Chine est en train de faire, comme tous les autres pays du monde, dans le respect de la vie humaine et de la règle de l’approfondissement de la connaissance.

Certains disent que la COVID-19 est un « virus chinois », même un virus inventé en laboratoire chinois.

En réalité, si Wuhan est la première à avoir notifié l’épidémie, cela ne signifie pas pour autant que le virus vient forcément de Wuhan. La communauté scientifique n’a pas encore tiré de conclusion sur l’origine du virus, alors que toutes les preuves disponibles indiquent que le virus viendrait de la nature, et n’est pas manipulé ou construit dans un laboratoire ou ailleurs.

La question de l’origine du virus est d’ordre scientifique. La recherche en la matière vise à mieux connaître le virus et à le le combattre. Ce n’est pas du tout pour créer une origine de la haine. Quelle que soit la possibilité de trouver l’origine, ou quelle que soit l’origine, il ne faut pas attribuer la responsabilité à un certain pays ou à une certaine ethnie.

Éviter la stigmatisation

Afin d’éviter la stigmatisation, l’OMS décourage l’utilisation du nom d’une région, d’un pays, d’un individu ou d’un animal dans la dénomination des maladies infectieuses humaines et des agents pathogènes. La revue scientifique Nature a publié un éditorial le 7 avril affirmant qu’il est irresponsable et stigmatisant d’associer la COVID-19 à des endroits spécifiques. Pourquoi ne pas écouter les recommandations des scientifiques ?

Certains disent que la Chine limite l’exportation des équipements de protection vers d’autres pays et que les équipements médicaux venant de la Chine sont tous de mauvaise qualité.

En réalité, la Chine n’impose jamais de limites sur l’exportation des équipements de protection.

Tout en satisfaisant les demandes nationales, nous soutenons l’exportation par des entreprises qualifiées et crédibles, et nous fournissons la commodité dans la production, le transport et le dédouanement pour faciliter les achats étrangers et l’exportation ordonnée. Par exemple, plus de 20 milliards de masques ont été exportés. L’aéroport Pudong de Shanghai accueille chaque jour le double d’avions-cargos par rapport à l’année précédente. Derrière ce chiffre, des producteurs, des chauffeurs et des agents de douane travaillent sans cesse. Nous accordons également une grande importance à la qualité des produits. Une fois que les problèmes de qualité sont constatés, les autorités réglementaires chinoises mènent une enquête sérieuse et infligent des sanctions avec tolérance zéro en vertu de la loi.

Nous partageons les sentiments de nombreux pays qui ont besoin d’acheter des produits médicaux. En même temps, nous espérons également que les acheteurs pourront choisir des produits certifiés par les autorités réglementaires chinoises avec des qualifications de production, suivre attentivement les instructions d’utilisation et vérifier si les produits sont compatibles avec les normes du marché de destination afin d’éviter des erreurs. S’il y a des problèmes sur le marché, les deux parties devraient déterminer où se situent ces problèmes et les résoudre conformément à la loi et selon les règles du marché. Qu’on rende ce qui est du marché au marché.

En revoyant l’histoire de l’humanité, on constate toujours que la catastrophe et la désinformation vont de pair. La COVID-19 est un ennemi commun de toute l’humanité. La coopération et l’entraide sont la meilleure façon de relever ce défi. La diffusion de l’infodémie coupe la branche sur laquelle on est assis, même si les premières victimes se trouvent dans un pays lointain comme la Chine.