La crise économique occasionnée par la pandémie de la COVID-19 est sans précédent. Il y a deux semaines à peine, le ministre Eric Girard a déposé à l’Assemblée nationale un budget comptant sur des surplus.

Claude Martel Claude Martel
Président d’Inno-centre

Début mars, les journaux titraient que le Québec avait un taux de chômage de 4,5 %, le plus bas depuis 1966 ! Il y a quelques jours à peine, le principal défi de croissance de nos entreprises se résumait à un défi de main-d’œuvre. On gagnait en productivité, en croissance économique et en richesse collective !

Et pourtant, en quelques jours, tout s’est effondré. La pandémie de la COVID-19 nous a frappés de plein fouet. Aujourd’hui, près de 1 million de Canadiens ont déposé leur demande à l’assurance-emploi. Les PME de toute taille et de tous les secteurs annoncent des mises à pied qu’on espère temporaires. Cette crise sanitaire met à rude épreuve des industries, des modèles d’affaires et jette à l’eau bien des plans de croissance. Le Québec est au ralenti, notre économie est sous le choc.

Mais, heureusement, nos entrepreneurs font instinctivement preuve d’une grande résilience, peu importe le contexte. En effet, il s’agit de la plus grande qualité des hommes et des femmes d’affaires.

Ils se mettent rapidement en « mode survie ». Après avoir absorbé le choc, c’est l’heure de la gestion de la crise. Des décisions difficiles, voire déchirantes devront être rapidement prises pour juguler l’hémorragie, mettre sur pied un nouveau plan de match et traverser la tempête. Ils prennent ces décisions avec le sentiment de porter le poids du monde sur leurs épaules : des employés et leurs familles, des fournisseurs et des clients qui comptent sur eux.

Pour certains, cette période difficile sera l’occasion de revoir leur modèle d’affaires, une pause pour mieux rebondir, une occasion d’innover. La détresse laissera bientôt place à l’adrénaline. Après le choc, c’est la détermination.

Nos PME ont une incroyable capacité d’adaptation. Plusieurs ont le réflexe bien aiguisé de réagir vite et de réagir bien. Certaines ont déjà adapté leurs chaînes de production pour répondre aux besoins du moment.

Citons par exemple Pur Vodka et Adfast Corp, qui laissent respectivement de côté la production de vodka et d’isolants industriels pour produire… des gels antiseptiques. Ces entrepreneurs ne contribuent pas uniquement à faire face aux besoins sanitaires du pays ; ils permettent aussi de maintenir des emplois si précieux à l’heure où le Québec est au ralenti.

L’aide des gouvernements

Nos gouvernements ont annoncé une première série de mesures pour aider les PME à atténuer les impacts financiers à court terme, et c’est très bien. Toutefois, les entrepreneurs ont besoin de plus : ils ont besoin d’accompagnement pour passer à l’action tant en matière de gestion de la trésorerie, de restructuration, d’approvisionnement que de distribution, d’organisation du travail, de commercialisation (vente en ligne), etc.

Même les héros ont parfois besoin d’aide… soutenons-les, et ça va bien aller.