Je vous écris ces lignes de chez moi sans connaître l’avenir, alors que la pandémie de COVID-19 se répand de manière exponentielle.

Karel Mayrand Karel Mayrand
Directeur général, Québec et Atlantique de la Fondation David Suzuki

Au moment où vous lisez ceci, nous ne savons pas si nous allons éviter le pire ou si, au contraire, nous devrons redoubler de courage et trouver la force de traverser plusieurs mois difficiles.

Je pense à tous ces héros, les anges gardiens de notre système de santé qui sont sur le pied de guerre. Je sais qu’ils feront bientôt face à un ouragan. Je pense à eux et je les remercie de tout mon cœur. Si vous en connaissez, offrez-leur tout votre amour et votre soutien. Ce sont des héros.

En regardant mes enfants, je me demande à quoi ressemblera le monde au sortir de cette crise qui ne ressemble à rien de ce que nous avons connu à ce jour.

Cette crise teste notre résilience. Celle de nos systèmes de santé, de nos systèmes financiers et de notre économie, mais aussi celle de notre société, de nos familles et notre propre résilience personnelle.

Nous sommes entrés dans un siècle de bouleversements. Cette pandémie est un premier test qui pourrait nous être salutaire alors que nous ferons face à des chocs climatiques répétés et à leurs conséquences alimentaires, économiques, politiques et sociales. L’équation que nous devons résoudre est la suivante : comment maintenir en place des sociétés complexes comme les nôtres lorsque les conditions qui les ont vues prospérer s’effondrent rapidement ?

Beaucoup de choses devront changer au sortir de la crise pour nous assurer de pouvoir faire face à des chocs dans l’avenir. Allons-nous reprendre comme avant, comme si rien n’était arrivé ? Où serons-nous au contraire plus lucides quant à notre vulnérabilité et plus soudés que jamais après ces mois à nous entraider, à faire face ensemble au pire, et prêts à envisager l’avenir avec un nouveau regard ? Serons-nous plus résolus à prévenir plutôt que guérir ?

Une promesse intacte

Avant la pandémie, nous avons vu la jeunesse se soulever partout dans le monde et une marée humaine de 500 000 personnes défiler à Montréal avec Greta Thunberg le 27 septembre 2019. C’était une journée magnifique, pleine de soleil et d’espoir, avec la promesse d’un monde nouveau. N’en doutez pas, cette promesse est encore vivante.

Parce que de l’autre côté de la crise sanitaire, financière, économique, nous devrons encore répondre à l’urgence climatique.

Nous n’avons pas choisi de nous retrouver devant un défi aussi gigantesque, combattre de front des crises sanitaires, économiques et climatiques. Nous serons parfois tentés de céder au découragement. Mais nous ne le ferons pas, parce qu’ensemble nous allons réussir.

Si nous sommes aujourd’hui appelés à protéger nos aînés de ce virus qui fauche des vies, il nous faudra demain agir de manière aussi décisive pour protéger notre jeunesse du péril climatique qui s’abattra sur eux si rien n’est fait. Nous ne pourrons pas nous permettre d’attendre. Des décisions courageuses devront être prises sans délai.

De l’autre côté de la crise, nous serons plus unis que jamais, nous aurons gagné confiance en notre capacité de nous rassembler quand l’urgence l’exige, de mobiliser nos efforts vers un but commun.

N’est-ce pas exactement ce que nous devons faire pour répondre à l’urgence climatique ?

De l’autre côté de la crise, il y a un nouveau monde à imaginer. De l’autre côté de la crise, il y a l’espoir, et nous serons ensemble pour la suite.