En tant que Québécoise d’origine chinoise, j’aimerais souligner un sujet qui me concerne davantage dans le climat qui se crée aujourd’hui, au sujet du coronavirus COVID-19.

Stephanie Chen
Montréal

Ce matin, en prenant le métro, un monsieur s’est levé de son siège et a changé de place lorsque je me suis assise à côté de lui. Je comprends la peur et la panique que les personnes, dont moi-même, commencent à ressentir en vue d’une possible épidémie ; cependant, ce qui m’inquiète encore plus, c’est la discrimination et le racisme qui pourraient empirer dans cette période d’incertitude (tel que reporté à Paris, à Londres et aux États-Unis). 

Une amie montréalaise d’origine chinoise a déménagé en Allemagne récemment. On lui a crié « corona » lorsqu’elle se promenait dans la rue.

Un collègue m’a demandé si tous les Chinois mangeaient des chauves-souris… C’est une question d’ignorance, je comprends.

Je vous demande alors, en tant qu’organisation médiatique canadienne et québécoise, de bien utiliser un langage et un ton non sensationnalistes dans votre couverture des évènements. Aussi, d’éduquer vos lecteurs à l’égard de cette situation de manière à éviter le développement de préjugés racistes. 

Le virus ne discrimine pas selon notre ethnicité. Malheureusement, les individus ont tendance à le faire. La peur est justifiée, mais l’ignorance et la violence verbale et physique ne le sont pas.

Heureusement, mon expérience personnelle démontre que la situation n’a pas atteint la sévérité vue ailleurs dans le monde.

Nous espérons avec votre aide que le climat reste calme et harmonieux. J’ai confiance que les Canadiens et que les Québécois, surtout, ne régresseront pas avec l’aide d’un journalisme responsable, objectif et précis.