En réaction à l’article de Nicolas Bérubé « Moins de cases de stationnement, moins de commerces vacants », publié le 13 février.

Caroline Tessier Caroline Tessier
Directrice générale de l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal

La question se pose. Pourquoi y a-t-il autant de locaux vacants à Montréal ? En fait, pourquoi y a-t-il autant de locaux vacants à Sherbrooke, à Québec, à Laval, à New York, à Lyon et à Londres ?

Certains diront que la multiplication des commerces vacants est due au manque de stationnement. D’autres diront que les taxes sont trop élevées, que les loyers sont trop chers, qu’il manque de relève, qu’il y a trop de commerces, que la vente en ligne a tué le commerce sur rue et, douce ironie, certains diront même qu’il y a trop de stationnements.

Alors que la Ville de Montréal se penche sur l’enjeu des locaux vacants et que de nombreuses opinions font surface, nous, l’Association des sociétés de développement commercial de Montréal, croyons qu’il est important de remettre les pendules à l’heure.

La vitalité de nos artères commerciales ne peut être mesurée par la perception des uns et les opinions des autres.

Afin de faire un réel diagnostic, il faut s’en tenir aux faits et éviter les raccourcis.

Prenons l’exemple de New York. Depuis quelques années, la Grosse Pomme mesure l’impact réel de ses décisions sur le commerce. Chaque nouvel aménagement urbain, chaque nouvelle piste cyclable et chaque nouvelle rue piétonne est accompagné d’une analyse rigoureuse du chiffre d’affaires des commerces environnants. Cette méthode a d’ailleurs permis de démontrer que certains types d’aménagements peuvent faire chuter le taux d’inoccupation de 49 % et grimper les ventes de plus de 172 %.

Les données demeurent le meilleur moyen de prendre des décisions éclairées et mettre en place des actions concrètes pour assurer la vitalité de nos artères commerciales.

Aujourd’hui, un constat est clair : les données manquent à l’appel.

Rappelons-nous les constats soulevés lors de la commission sur l’enjeu des locaux vacants qui a eu lieu en janvier dernier à Montréal. Les intervenants ne s’entendaient pas tous sur les recommandations à mettre en place, mais tous s’entendaient pour dire que personne n’était en mesure de fournir un portrait fidèle de l’état de santé des artères commerciales.

Comment pouvons-nous alors décider de modifier le zonage d’un secteur ou d’y réduire les taxes ou le nombre d’espaces de stationnement si nous ne savons pas quelles sont les causes de cette dévitalisation ?

Tant que nous n’aurons pas de données fiables, nous ne ferons que naviguer dans le noir en nous butant sur chaque arbre sans tenir compte de la forêt qui nous entoure.