Les yeux du monde entier sont tournés vers la Chine et plus particulièrement vers Wuhan.

Xueming Chen Xueming Chen
Consul général de la République populaire de Chine à Montréal

Des restrictions les plus rigoureuses au niveau de la circulation à Wuhan et de quelques autres villes, la construction de deux nouveaux hôpitaux destinés à la mise en quarantaine de 6 à 8 jours, l’arrivée de plus de 10 000 médecins et infirmières des quatre coins du pays à Wuhan sont parmi les mesures extraordinaires mises en place par le gouvernement chinois.

Tout cela à cause de l’arrivée inattendue d’un nouveau coronavirus (COVID-19) pendant les vacances de la fête du Printemps, la fête la plus importante pour les Chinois.

Ces mesures fortes, déterminées et d’envergure ont pour but d’endiguer la propagation du virus en mobilisant les ressources de tout le pays.

Elles sont plus strictes que celles demandées dans une telle situation d’urgence, non seulement pour garantir la santé des Chinois et des étrangers habitant en Chine, mais aussi pour préserver la sécurité de la santé publique mondiale. « Il existe une occasion à saisir grâce aux mesures que la Chine a prises à l’épicentre, à la source. Ne manquons pas cette occasion », a dit Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Face à cette urgence, il est vrai que la Chine a des lacunes à combler et des difficultés à surmonter. Néanmoins, le gouvernement chinois déploie et déploiera tous ses efforts dans un esprit ouvert, transparent et responsable, pour approfondir sa connaissance sur le virus, pour communiquer à temps les informations, pour répondre activement aux préoccupations des différentes parties, pour tirer des expériences contre l’épidémie, pour améliorer sa capacité de gouverner et pour renforcer sa coopération avec la communauté internationale. Nous en avons la confiance et la détermination.

Urgence de santé publique

L’OMS a déclaré l’épidémie du coronavirus une urgence de santé publique de portée internationale. La principale raison de cette décision, comme l’a dit Dr Tedros, est de souligner l’importance pour les pays où le système de santé serait plus faible de se préparer à une éventuelle propagation du virus.

De plus, l’OMS ne recommande pas et s’oppose même à toute restriction de voyage et de commerce avec la Chine. L’OMS appelle à une coordination des différents pays et des mesures de protection et de prévention rationnelles et prudentes. Il est normal d’écouter les inquiétudes. Il est toutefois dommage de voir certains pays donner une réponse surréactive, voire tenter de jouer une carte politique.

En ce moment particulier, nous saluons nos amis québécois qui se sont joints à nous en nous inspirant courage et en nous apportant du soutien. Ils envoient un message clair, celui de dire non à la discrimination envers la communauté chinoise causée par la crainte.

La communauté chinoise au Québec apporte activement son soutien aux efforts contre l’épidémie et elle établit avec solidarité un réseau pour aider ceux qui arrivent ces derniers jours de Chine et qui se mettent volontairement en quarantaine.

Comme nous l’ont montré les combats contre Ebola ou encore H1N1, les efforts communs nous permettent de sortir de l’épidémie. Ils sont un miroir où l’égoïsme et la xénophobie se retrouvent quelquefois, mais où la bonté et l’amitié de l’humanité restent toujours vivantes et précieuses.