La Ville de Montréal a adopté en décembre dernier un agenda pour la qualité et l’exemplarité en design et en architecture, un geste fort et majeur.

Anne Carrier Anne Carrier
Présidente de l’Association des architectes en pratique privée du Québec, et sept autres signataires*

La métropole reconnaît ainsi de manière concrète les disciplines du design et de l’architecture comme des leviers essentiels pour répondre aux enjeux des changements climatiques tout en assurant le mieux-être de la population. Dans l’équation, Montréal prend également en compte la performance économique, la santé publique, l’inclusion sociale et la vitalité culturelle.

Le document adopté rappelle à juste titre que les produits du design et de l’architecture nous entourent et nous servent quotidiennement : bâtiments, mobilier urbain, aménagements extérieurs et intérieurs, signalisation, etc. Or, les sommes investies par la Ville de Montréal dans ces composantes de notre environnement n’ont jamais été si importantes, et ce qui sera construit et rénové dans les 15 prochaines années déterminera le paysage urbain du siècle à venir.

Il est donc crucial que ces réalisations répondent aux besoins de la collectivité de façon durable.

Pour y arriver, la Ville mise sur la créativité des concepteurs — architectes, architectes de paysage, designers graphiques, d’intérieur et industriels — et sur leur collaboration avec les urbanistes, les ingénieurs et tous les services de la Ville. Elle cible les bonnes pratiques à mettre en œuvre pour tirer le plein potentiel de leur expertise et faire de Montréal un acteur exemplaire à cet égard. Il faut saluer cette volonté de valoriser le design comme une valeur socialement et économiquement rentable, et une garantie de résultat durable.

Le défi est immense, car les nouvelles façons de faire devraient toucher les règles d’urbanisme, les règles d’approvisionnement, la planification, la gestion des projets et l’organisation du travail, entre autres. On ne peut qu’espérer que la Ville se donnera les moyens de ses ambitions annoncées.

Pour leur part, les associations de l’architecture et du design sont impatientes de contribuer à cette vision, pour que leurs membres professionnels puissent l’incarner dans une nécessaire culture collaborative et inclusive.

Souhaitons que l’audace de Montréal inspire d’autres donneurs d’ordres publics, pour qu’au final, l’ensemble de la société québécoise puisse en bénéficier.

* Signataires : Pierre Corriveau, président de l’Ordre des architectes du Québec ; Marie-Christine Dubé, présidente de l’Association professionnelle des designers d’intérieur du Québec ; Sylvain Gariépy, président de l’Ordre des urbanistes du Québec ; Marie-Pierre Gendron et Yanick Tremblay, coprésidents de l’Association des designers industriels du Québec ; Isabelle Giasson, présidente de l’Association des architectes paysagistes du Québec ; Benoît Giguère, président de la Société des designers graphiques du Québec