Message de la famille de Joyce Echaquan à l’occasion des Fêtes

Carol Dubé
Conjoint de Joyce Echaquan

À l’approche de la fête de Noël, j’ai décidé de briser un instant mon silence et de prendre la plume afin d’exprimer la gratitude que nous ressentons, mes enfants et moi, envers tous ceux et celles qui nous ont soutenus au cours des dernières semaines.

Je ne compte plus les témoignages que nous avons reçus, non seulement des gens de Manawan, mais également en provenance de partout au Québec et au Canada. J’ai été particulièrement touché par les nombreux hommages rendus et par les initiatives d’artistes et d’artisans de toutes les origines et disciplines. Chacune de ces œuvres et chacun de ces ouvrages d’artisanat perpétuent la douce mémoire de ma Joyce et surtout propagent un message fort de concorde et d’harmonie.

Les lettres et les dessins faits par des enfants autochtones et québécois que nous avons reçus m’ont maintes fois fait sourire et m’ont permis d’entrevoir le futur avec espoir. Joyce aimait beaucoup les enfants, elle disait même que ce sont de petits êtres de lumière. Vos œuvres pleines de compassion, vos lettres tendres et vos bras ouverts nous accompagnent sur le chemin de la guérison.

Tous ensemble, nous devons apprendre à vivre côte à côte et à accueillir les différences comme une richesse collective.

Notre famille est atikamekw et fière de l’être. Notre histoire, notre culture et notre langue sont des joyaux qui devraient être embrassés par nous tous qui vivons ensemble au Québec. Au-delà de la politique et des paroles, c’est à chacun d’entre nous de mettre de côté nos divergences. Les traumatismes du passé sont nombreux et ont laissé des traces indélébiles dans nos communautés. Malgré tout, nous avons en nous la capacité d’aimer, de pardonner, d’être généreux, accueillants et surtout résilients.

Nous ne devons jamais céder à la colère. Mon épouse Joyce était une femme avec beaucoup d’amour à donner, non seulement à notre famille, mais également à tous ceux qui trouvaient une place dans son cœur. Elle était toujours prête à rendre service aux autres et à prendre sous son aile ceux qu’elle voyait souffrir. Son cœur de maman n’aurait jamais voulu que je me laisse envahir par la colère ou par la haine, et ce, même si les circonstances de son départ m’ont complètement démoli.

PHOTO FOURNIE PAR LA FAMILLE

Carol Dubé et Joyce Echaquan

Je ne trouve pas les mots pour dire à quel point le départ de Joyce m’a anéanti au plus profond de mon âme et combien le vide de son absence résonne encore dans le cœur de nos enfants.

Pas un jour ne passe sans que mes enfants ne pleurent leur tcotco* et qu’ils ne réclament un moment de réconfort ou de tendresse.

Je me console en me disant que Joyce a laissé un peu d’elle dans chacun de vos cœurs et que peut-être, grâce à elle, des gens vont prendre conscience de certains problèmes et que son décès fera vivre quelque chose de plus grand qu’elle.

Au nom de mes enfants Wasianna, Germain, Thomas-James, Dayvan, Jessica, Lucas, Carol Jr, j’offre à tous nos frères et sœurs autochtones et allochtones, qui portent en eux les valeurs de l’amour fraternel et du vivre-ensemble, nos meilleurs vœux de Noël. Je nous souhaite collectivement un avenir radieux dans la paix, le respect et l’harmonie.

* « maman », en langue atikamekw