À la suite de l’annonce faite par la ministre Sonia LeBel, par l’entremise du projet de loi 66, que la route 117 serait finalement élargie entre Rivière-Rouge et Labelle, et soustraite du Bureau des audiences publiques en environnement (BAPE), les maires de Mont-Laurier, Lac-des-Écorces, Ferme-Neuve et Rivière-Rouge, dans une récente lettre1, y allaient d’une profession de foi en faveur d’un élargissement dans l’axe actuel, en complète contradiction avec leurs déclarations des dernières années qui militaient pour un nouvel axe à quatre voies hors de l’emprise actuelle. Un des signataires, Pierre Flamand, est lui-même fondateur du groupe de pression SOS 117, et ses propos sont une rebuffade flagrante aux efforts de citoyens et d’élus qui ont appuyé le mouvement depuis ses débuts.

Vicki Emard Vicki Emard
Résidante de Labelle

Selon ces quatre signataires, l’élargissement du tracé actuel serait plus rapide, et protégerait un milieu humide naturel. Or, c’est induire la population en erreur. Un élargissement dans l’axe actuel aurait lui aussi des répercussions majeures, d’une part sur l’environnement de la rivière Rouge que la 117 longe à quelques mètres, mais aussi sur la population locale, car un tel projet donnerait lieu à des dizaines d’expropriations.

Depuis 2013, la proposition de créer un nouvel axe en ligne droite en longeant la ligne hydro-électrique entre Labelle et Rivière-Rouge fait consensus. Il a l’avantage d’être de 12,5 km plutôt que de 14,5 dans l’emprise actuelle, en ligne droite plutôt que sinueuse, évite de déplacer la population et surtout de créer un chantier cauchemardesque qui affecterait pendant des années la circulation automobile du seul axe nord-sud entre Montréal et l’Abitibi.

Entre autres, il présente à peu de choses près, des coûts similaires.

De tels axes ont été construits au cours des dernières années dans le même secteur pour contourner les villages de Labelle et de Rivière-Rouge et ces travaux, présentés par le ministère des Transports (MTQ), avaient reçu l’assentiment du BAPE, qui concluait que l’impact sur le milieu naturel n’était pas un frein aux projets. Ce sont aujourd’hui des voies sécuritaires et exemplaires qui favorisent sécurité et fluidité.

Le ministre des Transports, François Bonnardel, et le MTQ, doivent sérieusement réfléchir au legs qu’ils veulent laisser dans ce secteur névralgique. La seule décision logique commande un nouvel axe moderne et sécuritaire, qui préserve la rivière, les citoyens résidant aux abords de la 117, et qui assurera enfin une certaine sérénité dans nos transports, trop souvent ébranlés par des morts évitables.

1 > Lisez la lettre des maires de Mont-Laurier, Lac-des-Écorces, Ferme-Neuve et Rivière-Rouge