Les auteurs s’adressent à la mairesse de Montréal, Valérie Plante.

Serge Goulet et Jean-Marc Fournier
Respectivement de Devimco Immobilier et de l’Institut de développement urbain, et 12 autres signataires*

Madame la Mairesse, nous voulons continuer à contribuer pour relancer l’économie de Montréal et celle de son centre-ville. Malheureusement, nous faisons trop souvent face à des règlements contraignants qui se multiplient, à une bureaucratie de plus en plus lourde. Les longs délais d’approbation pour prendre les décisions en ces moments difficiles sont un frein à la relance, un boulet à la réalisation de nouveaux projets structurants.

Nous accueillons cependant fort bien les efforts du gouvernement du Québec pour accélérer la réalisation de projets d’infrastructures publiques afin de soutenir l’économie en cette période de relance. Nous applaudissons l’initiative Relançons Montréal de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

La reprise économique de Montréal est une responsabilité collective. Nous avons tous et toutes le devoir d’y contribuer et d’aider les commerces, les restaurants, les bars, les hôtels et les autres entreprises de services à se relever de cette crise sanitaire et économique.

L’existence d’un centre-ville fort est une condition nécessaire pour le développement de Montréal, mais également pour le développement des couronnes et de l’ensemble du Québec.

Il faut le reconnaître : la vigueur du centre-ville définit la vigueur de notre économie, puisque l’attrait du centre-ville définit l’attrait de notre métropole. Notre capacité d’attirer ici les investissements et les talents que d’autres villes souhaiteraient tant nous ravir, cette capacité prend sa source dans le centre-ville et rejaillit sur toute la région.

Nous vous interpellons donc pour créer, dans les meilleurs délais, une table de concertation regroupant les acteurs des secteurs public et privé, dans le but de définir ensemble une vision métropolitaine cohérente pour le centre-ville. Cet exercice de concertation est nécessaire pour réaliser nos ambitions pour le centre-ville, notamment l’atteinte d’une plus grande mixité sociale. Cet exercice est aussi nécessaire pour enfin accélérer les projets économiques qui sont proposés, en se donnant les outils pour remplacer les obstacles administratifs devenus trop nombreux.

Certes nos projets auraient tout à gagner d’un processus décisionnel responsable et accéléré à Montréal, mais les principaux gagnants seraient les familles, les personnes âgées, les travailleurs, les professionnels et les épargnants québécois. Le développement et la construction sont des éléments cruciaux dans tout effort de relance économique.

En tant qu’acteurs du développement immobilier, nous avons cette volonté de contribuer en stimulant plus rapidement les investissements, en attirant de nouveaux résidants et en créant des milieux de vie offrant des logements sociaux et abordables, des parcs, des résidences pour personnes âgées et de nouvelles écoles. Nous vivons Montréal, nous aimons Montréal et nous désirons continuer d’embellir Montréal.

Comme l’a récemment écrit Jean-Marc Fournier, président-directeur général de l’IDU, « il serait avantageux d’adopter un plan d’accélération de réalisation des projets déjà sur la table, d’attirer davantage d’investissements et de préparer l’adaptation des immeubles aux mesures sanitaires ». Il propose d’améliorer la progression administrative des dossiers, ainsi que de chercher réellement à arrimer les interventions des différents acteurs, publics ou privés, au moment de l’exécution des travaux.

Nous avons l’expertise, le réseau et les moyens d’être des partenaires de cette relance économique. De nouveaux chantiers sont prêts à être lancés. Ils représentent des millions d’heures pour les travailleurs de la construction, des millions de dollars en achats de matériaux, en équipement et en services professionnels. Ces projets immobiliers mixtes, résidentiels et commerciaux, sont appuyés par certains de nos meilleurs fleurons financiers et implicitement par l’épargne des Québécois.

Mais encore faut-il pouvoir travailler ensemble main dans la main, ce qui n’est pas le cas. Mais nous pouvons y arriver. Une conciliation entre les intérêts des secteurs public et privé pourrait permettre de créer une série de projets structurants, à valeur ajoutée, alimentant le « vivre-ensemble » qui fait la force de Montréal. Soyons les partenaires de la relance de Montréal. Il faut éviter une approche dogmatique.

Le rôle et l’impact des milieux économiques doivent être pris en compte. Ensemble, prenons les moyens pour faire le plein de projets à Montréal.

Nous avons tous la responsabilité de léguer un monde meilleur aux prochaines générations de Montréalais et de Montréalaises, et c’est aujourd’hui qu’il faut saisir l’occasion et agir.

*Cosignataires : Vincent Chiara, Groupe Mach ; Roger Plamondon, Broccolini ; Brian Salpeter, La Corporation Cadillac Fairview Limitée ; Claude Provencher, Provencher Roy ; Jean Laurin, Devencore ; Mathieu Duguay, COGIR Immobilier ; Samuel Gewurz, Corporation Proment ; Claude Lachance, LACHANCE Immobilier ; Louis T. Lemay, Lemay ; Anthony O’Brien, Groupe Jesta ; François Lapierre, Westcliff ; Éric Gauthier, FABG Architectes