François Legault a annoncé que les rassemblements privés de 10 personnes seront permis du 24 au 27 décembre. Bien que cette annonce m’ait tout d’abord réjouie durant un très bref moment, j’ai rapidement ressenti un malaise.

Catherine Beaulé Catherine Beaulé
Psychologue, Montréal

Tenter de concilier simultanément deux pensées contraires crée de la dissonance cognitive, un état de tension désagréable. Comment arriver à croire que rassembler 10 personnes dans une maison sera sécuritaire alors que depuis des mois on nous explique au contraire que ce genre d’activité est risqué en zone rouge et même en zone orange ? La seule façon de réduire le malaise et de réduire cette dissonance, c’est de modifier certaines de nos croyances, comme croire que, finalement, se rassembler en zone rouge n’est pas si pire que ça et que ça peut être sécuritaire. Le danger est que dès maintenant, plusieurs baissent la garde…

En ce sens, j’ai peu confiance que les gens respectent les sept jours de confinement avant et après ces quatre jours de festivités. Quand on reçoit, il y a généralement plusieurs emplettes à effectuer. Pensez-vous que les Québécois vont commander leur dinde en ligne ? Ça m’étonnerait !

Si j’étais propriétaire d’un restaurant, je serais très en colère. Comment comprendre que les rassemblements de 10 personnes (peu importe le nombre de foyers différents) soient permis alors que les restaurants doivent rester fermés ?

Au contraire, il aurait fallu permettre les rassemblements seulement dans les restaurants et les interdire dans les maisons privées. Les restaurateurs ont démontré qu’ils pouvaient mettre en place des lieux sécuritaires qui respectent beaucoup mieux, sans nul doute, les mesures sanitaires nécessaires pour que ces rassemblements ne créent pas de flambées de COVID-19 partout au Québec en janvier.