Le terme Vendredi fou est une traduction inspirée du Black Friday aux États-Unis. Cette journée de magasinage au rabais suit toujours l’Action de grâce américaine. Le terme « Black » signifie que c’est le moment où les commerçants devraient atteindre le seuil de rentabilité en passant du rouge au noir.

Erik Giasson Erik Giasson
Directeur général de FlipNpik, Montréal

On sait que la crise actuelle a fait deux clans, d’un côté les gagnants et de l’autre les perdants sur tous les plans dans la société, et c’est très évident au niveau du commerce de quartier. On a vu plusieurs grandes enseignes étrangères voir leurs ventes augmenter de façon substantielle ainsi que leur valeur en Bourse. Au même moment, en raison des mesures sanitaires et du télétravail, on a vu l’achalandage et les ventes des commerçants locaux chuter au point où plusieurs font maintenant face à des situations vraiment difficiles et devront fermer.

Plusieurs commerçants ont tout investi dans des projets qui leur ont permis d’avoir de belles entreprises et de faire rouler l’économie. Ils gagnaient honorablement leur vie jusqu’à ce que tout s’écroule. Ils sont maintenant à risque de tout perdre. De plus, il y a cette perception d’injustice avec les magasins à grande surface et à grande densité tels les Costco et Walmart qui sont demeurés ouverts pendant le confinement.

D’une certaine façon, ils ont contribué à cannibaliser la consommation destinée aux commerçants locaux.

Je salue tous les efforts mis de l’avant par les gouvernements pour créer plusieurs répertoires de commerces locaux. Bien que louables et nécessaires, ces efforts ne sont pas suffisants par rapport à l’importance pour nos commerces locaux de bénéficier d’une prise de conscience quant à la consommation locale. Tout le monde est favorable au commerce local, c’est de la vertu, mais peu savent comment et qui aider davantage parce que les commerces locaux ne sont pas assez visibles. Avec le Black Friday et Noël qui approchent, sans prise de conscience collective et solidarité pour la consommation locale, qui survivra ? Mais au-delà de nos commerces locaux favoris qui ne seront plus là, il y a des humains derrière ces commerces, des pères et des mères de famille, qui payent des taxes, qui soutiennent notre économie, notre système de santé et d’éducation. C’est tout notre écosystème et notre paysage local qui est à risque.

Quand nous commandons en ligne ou achetons sur place d’une multinationale étrangère, sommes-nous pleinement conscients de l’impact que ces gestes ont sur notre écosystème ?

Comme nous faisons partie de ce même écosystème, sommes-nous pleinement conscients de l’impact que ce simple geste a sur nous, notre famille, notre communauté ?

Nous avons tous la capacité de prendre conscience de nos gestes et d’élever notre niveau d’intention, dans le but de contribuer, de soutenir, par solidarité et de faire une réelle différence. Contribuer à l’économie locale, c’est s’aider soi-même.

J’avais tendance dans le passé à recommander aux gens de consommer modérément. Cette année, j’ai une recommandation différente. Gâtez-vous ! Achetez de vos commerçants locaux favoris, contribuez à l’économie et faites une différence.

Chacun d’entre nous peut être un acteur de changement et peut faire partie de la solution si nous décidons de consommer local et d’avoir un vendredi « local ».