Vous excuserez le titre aux allures d’infopub, mais tous les moyens sont bons pour vous présenter une solution simple à un problème croissant et persistant qui nous afflige au Québec : notre dépendance collective aux véhicules énergivores et surdimensionnés.

Andréanne Brazeau Andréanne Brazeau
Analyste en mobilité chez Équiterre

La question est fort sensible pour les Québécois, j’en conviens. Et on a bien perçu cette sensibilité dans le Plan pour une économie verte présenté lundi par le gouvernement de François Legault, un plan qui mise largement sur l’électrification des transports dans lequel il a annoncé se fier à la bonne volonté des gens pour faire les bons choix.

Or, comme nous avons systématiquement échoué à atteindre nos cibles climatiques, il est plus évident que jamais que cette bonne volonté sera insuffisante. On doit collectivement déployer des mesures contraignantes pour entamer le virage à 180 degrés qu’on doit faire. Rapidement.

Parce que quand vient le temps de choisir son prochain véhicule, d’excellentes raisons pratico-pratiques entrent en compte pour bien des gens. Pourtant, un constat s’impose : la préférence des Québécois pour des véhicules de plus en plus gros n’est pas viable à long terme.

Un grave problème de société

Vous vous en doutez, du point de vue écologique, les véhicules utilitaires sport (VUS) sont loin d’être la meilleure option. Ils nuisent à la qualité de l’air et leur empreinte carbone est cinq à six fois plus importante que celle d’une voiture électrique standard.

À cause de leur taille, de funestes conséquences en matière de sécurité s’ajoutent à leur bilan environnemental. Un piéton a deux fois plus de chances d’être tué en cas de collision avec un VUS qu’avec une petite voiture.

Ils nous coûtent aussi très cher collectivement – ils accroissent la pression sur les infrastructures routières et la congestion, en plus d’occuper plus d’espace une fois stationnés – et individuellement. Ils contribuent aussi au surendettement des familles avec un prix d’achat 40 % plus élevé que les voitures conventionnelles en moyenne.

Malgré tout cela, en 2018, ils représentaient près des deux tiers des véhicules neufs vendus au Québec, une augmentation de 263 % depuis 1990 !

La solution

Comment pouvons-nous donc nous inciter collectivement à faire des choix de véhicules plus responsables ? Il existe une solution tellement simple à l’efficacité effarante qui, en plus, ne nous coûterait pas un sou ! Ça s’appelle le système de redevance-remise… et c’est franchement merveilleux.

Comment ça marche, donc ? En gros, on finance l’achat de véhicules à faibles émissions de GES en ajoutant des frais à l’achat de véhicules polluants. Ces frais servent donc à récompenser les choix plus écoresponsables. Il s’agit d’une application concrète du principe pollueur-payeur et un récent rapport publié par Équiterre montre tous les gains que ce système nous permettrait de faire, et ce, à différents paliers de gouvernement.

On peut se mettre la tête dans le sable tant qu’on veut, mais tous les efforts que les Québécois feront pour lutter contre les changements climatiques seront fort probablement annihilés si la tendance que l’on constate sur nos routes se maintient.

Le secteur des transports représente 43 % des émissions de GES de la province. Il faut se le dire franchement, on a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Il est essentiel qu’on prenne nos responsabilités si on veut laisser à nos enfants un avenir qui ressemble à autre chose qu’une série de catastrophes et de deuils.

Malgré ce qui a été annoncé dans le plan du gouvernement Legault, nos élus n’avancent pas assez vite sur ce dossier. Un gentil coup de klaxon collectif les inciterait peut-être à accélérer sans avoir à « peser sur le gaz ».