Au fil des ans, lors de ses promenades dans la ville, Dinu Bumbaru a accumulé des milliers de dessins esquissés qu’il accompagne de courts textes où s’expriment son amour et sa connaissance de Montréal et de ses architectures.

Publié le 6 sept. 2020

Extrait du livre Carnet d’un promeneur dans Montréal

En 1787, le peintre anglais Robert Barker obtient un brevet pour son invention du panorama, mode de présentation de ses vastes toiles de paysage. C’est l’origine du Cyclorama de Jérusalem, à Sainte-Anne de Beaupré, classé par le gouvernement du Québec en 2019.

Les panoramas et paysages participent à l’identité de villes comme Montréal, choyées par leur géographie. Plus discret que ceux de Québec ou de Vancouver, le site de Montréal a une personnalité complexe et merveilleuse à la fois, propice à la promenade et fertile en découvertes. La topographie et la présence du mont Royal permettent de voir loin à travers la large plaine du Saint-Laurent sans trop… s’essouffler à grimper !

En Italie, on admire ces magnifiques villas de la Renaissance perchées dans les collines ; elles dominent le paysage et nous informent sur la société de cette époque. À Montréal, les institutions et les grandes demeures bourgeoises installées rue Sherbrooke, sur les flancs de la montagne ou au bord du fleuve reflètent la transformation de la ville en métropole de l’ère industrielle.

Au XIXsiècle, cette même société s’est mobilisée pour que l’accès au paysage ne soit pas le privilège des élites.

Elle a investi des efforts considérables comme la création, en 1876, du parc du Mont-Royal, créé au coût de 1 million de dollars (plus que le budget municipal annuel de l’époque), selon un concept d’aménagement offrant des vues sur la ville et l’horizon, plutôt que celui d’une forêt opaque. C’est ainsi que nous avons des belvédères comme celui devant le Grand Chalet d’où on profite d’un panorama libre et de vues sur le fleuve, la plaine, les collines et au-delà.

Aujourd’hui, on voit de moins en moins le fleuve et de plus en plus de tours. Un peu partout, celles-ci se multiplient, encouragées par les règles d’urbanisme et un développement aux airs spéculatifs. Si elles répondent à l’objectif d’une densification justifiée par le profit ou la lutte au changement climatique et offrent de formidables toits-terrasses, elles participent aussi à une captation et privatisation de l’espace public. Voyons-y !

PHOTO FOURNIE PAR L’ÉDITEUR

Carnet d’un promeneur dans Montréal

Carnet d’un promeneur dans Montréal
Dinu Bumbaru
Éditions La Presse, juin 2020
200 pages

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