Par moments, je ressens le besoin de faire une pause d’une journée ou deux dans la lecture de mes journaux tellement les nouvelles sont consternantes et dures. Ce n’est pas faire l’autruche. Je préserve simplement mon équilibre dans ce maelstrom, prends du recul pour ne pas être trop affectée et me donne un break. Un peu de douceur dans ce monde si brutal…

Julie du Page Julie du Page
Actrice, chroniqueuse, animatrice et blogueuse

À différents degrés, les derniers mois ont été anxiogènes pour tous et notre capacité d’adaptation fut mise à rude épreuve. J’ai le sentiment qu’elle le sera encore. Plus que jamais, le mot résilience est dans l’air du temps. Cette maudite deuxième vague que l’on appréhende donne l’impression que nous sommes dans un sas, en attente d’une porte qui s’ouvrira un peu, beaucoup, complètement…

L’accalmie que procure la douceur de l’été québécois apporte un baume nécessaire. Il est tentant de jouer la carte de l’insouciance et du bonheur avec la recette soleil, chaleur, baignade, rosé, vacances, semblant de vie sociale, mais est-ce suffisant ?

Il est évident que nous sommes tous un peu plus à fleur de peau, pour ne pas dire à cran. La violence qui se répand sur les réseaux sociaux en est un exemple symptomatique. Elle s’est encore amplifiée dernièrement. La nuance dans les propos et le respect des idées se font de plus en plus rares.

Depuis quelques semaines, j’ai du mal à écrire dans cette ambiance. Ce n’est pas par manque d’inspiration ou de sujets, bien au contraire ! Notre collectivité est en pleine réflexion, ce qui conduira à des changements. Heureusement, le ciel s’éclaircit sur bien des enjeux. Il était temps !

Ma curiosité, mon désir de comprendre et de partager mes opinions sont toujours aussi vifs. Julie la Pie n’est jamais bien loin ! Je n’ai simplement pas envie d’être brusquée, voire insultée par une minorité très audible, sans filtre, manichéenne, qui se moque complètement de l’opinion de l’autre et catégorise forcément. Je suis admirative des journalistes qui osent…

L’époque actuelle ne laisse pas de place au dialogue. Les opinions sont tranchées et les risques de représailles sont réels. Nous entrons insidieusement dans une ère où il est mieux de se censurer. C’est malheureux. Espérons que celle-ci soit la plus courte possible et que notre société revienne à la raison.

Parfois, les forces sont d’une telle virulence que nous sommes de plus en plus nombreux à penser qu’il vaut mieux laisser passer l’orage.