Nombreuses sont les voix qui s’élèvent en faveur d’une économie plus résiliente et plus respectueuse des humains et de l’environnement. Et avec raison !

Sévrine Labelle Sévrine Labelle
Présidente-directrice générale, Femmessor

La résilience, c’est la capacité à affronter un événement traumatique de manière à ne pas vivre dans le malheur et surtout, à se reconstruire.

Jamais l’histoire récente ne nous aura enseigné avec autant de clarté l’importance de ce concept. Et jamais l’histoire récente ne nous aura donné meilleur momentum pour repenser notre société et l’économie de demain.

La crise de la COVID-19 nous a fait constater, non sans souffrance, la fragilité des systèmes qui soutiennent notre société. Elle nous a aussi rappelé que l’égalité femmes-hommes et que l’inclusion de la diversité n’étaient pas acquises.

Or, tout est interrelié. La prospérité ne peut être assurée sans protéger la santé de la population et celle de notre planète. Tout comme elle ne peut s’accroître sans véritable inclusion.

L’ONU a identifié 17 objectifs pour sauver le monde. Ces objectifs de développement durable nous offrent un guide clair à suivre pour affronter les défis mondiaux qui menacent notre stabilité, notamment ceux liés aux inégalités, à la pauvreté et aux changements climatiques, tout en misant sur l’innovation et la création de richesse nécessaires à notre développement.

Repenser notre économie en étant plus aligné(e)s sur ces grands objectifs de développement durable nous permettra de nous relever du trauma collectif laissé par la COVID-19 et de rebâtir un Québec plus résilient.

La diversité et l’inclusion, comme toile de fond

Avant que la pandémie frappe, la parité femmes-hommes était sur toutes les lèvres. Si nous n’avons jamais pu, jusque-là, célébrer l’atteinte de ce but ultime, des avancées remarquables ont été observées. Pensons notamment aux jeunes générations d’entrepreneur(e)s qui sont maintenant paritaires, et ce, depuis quelques années déjà.

Mais malgré ces progrès, la crise nous a fait le rappel brutal que la parité n’était pas atteinte. Pire encore, la crise aura exacerbé les inégalités entre les genres. Les femmes sont sur la ligne de front de la pandémie, occupant des emplois à risque au sein des établissements de santé, à la tête d’entreprises de services essentiels, elles sont aussi principalement en charge des responsabilités familiales.

L’expérience des femmes dans le cadre de cette crise et leur point de vue unique doivent être mis à profit au sein des réflexions qui entourent le plan de relance économique.

Par ailleurs, les récents événements entourant la mort de George Floyd nous ont également rappelé que la discrimination fait encore partie de notre société. Ce constat s’applique aussi chez les entrepreneurs.

Le gouvernement du Canada a récemment lancé une Stratégie pour les femmes en entrepreneuriat afin de contribuer à réduire le fossé qui séparent les femmes issues de tous les horizons. Femmessor en est d’ailleurs une importante partenaire. Depuis, de nombreuses actions ont été entreprises afin de soutenir davantage de femmes issues de la diversité. Elles représentent un potentiel entrepreneurial encore sous-estimé. L’Indice 2019 du Réseau Mentorat faisait d’ailleurs état de leur niveau d’intention d’entreprendre, jusqu’à deux fois plus élevé que le reste de la population féminine.

Plusieurs études démontrent que la présence des femmes et des personnes issues de la diversité en entrepreneuriat représente un gage d’excellence et de performance financière. Cette présence génère aussi une plus grande implication sociale des entreprises.

Qui plus est, selon une vaste étude pancanadienne menée par la firme Advanis, les femmes seraient plus décidées que leurs homologues canadiens à agir contre les changements climatiques. Voilà une autre belle raison de leur offrir tout notre soutien !

Construire la suite, maintenant

Les réflexions entourant la relance économique nous donnent l’occasion d’agir différemment, maintenant. Mais réinventer notre économie pour la rendre plus inclusive, plus résiliente et plus soucieuse des humains et de l’environnement ne sera pas chose simple.

Alors que l’excitation du déconfinement nous gagne et que l’empressement de repartir la machine économique est palpable, nos vieilles habitudes reviennent au galop.

Je veux croire que nous n’avons pas vécu les derniers mois en vain. Que nous sommes devenus de meilleurs humains. Plus conscients.

Les entrepreneurs, femmes et hommes, et de tous les horizons, ont l’audace et la créativité de transformer les pratiques d’affaires. Elles et ils ont le pouvoir d’insuffler le changement que nous voulons voir, et de construire cette économie résiliente, inclusive et verte dont nous rêvons.

Encore faut-il les soutenir et leur offrir des moyens concrets pour contribuer à la création d’un monde meilleur. C’est ce que Femmessor s’efforce à faire depuis maintenant 25 ans, et ce que Femmessor fera avec encore plus de détermination dans les mois à venir.