L’innovation en santé jouera un rôle clé dans la lutte contre les effets dévastateurs de la pandémie de COVID-19. Comme nous le faisons depuis le début de la crise, les leaders du productif écosystème québécois d’innovation qui regroupe universités, PME, entreprises pharmaceutiques et biopharmaceutiques se mobilisent à nouveau pour protéger et soutenir nos atouts dans le secteur biomédical.

Diane Gosselin Diane Gosselin
Présidente et directrice générale du Consortium québécois sur la découverte du médicament, et 20 autres signataires*

Au Québec, nous avons la chance d’avoir un solide écosystème d’innovation qui s’appuie sur les forces en recherche des secteurs public et privé. Le secteur biomédical regroupe plus de 650 entreprises, 32 000 emplois et représente une contribution de 5,8 milliards de dollars au PIB du Québec1. Les avancées du secteur sont tangibles et le constat est formidable : des méthodes novatrices nous ont permis de rapidement développer des outils de traçage, de repositionner des médicaments, d’élaborer des tests diagnostiques et de fabriquer des masques. Ce sont là de nombreux exemples d’autonomie et d’autosuffisance : des atouts indispensables que nous devons impérativement soutenir pour le bien collectif.

Pour redémarrer le monde

Les bienfaits de l’innovation ne sont parfois pas immédiats, mais dans le cas des traitements et vaccins contre la COVID-19, c’est une solution incontournable pour « redémarrer le monde » et retrouver notre vie quasi d’antan. Le développement d’un vaccin et de traitements est un processus complexe qui demande du temps et des milliards de dollars. Heureusement, nous pouvons accélérer la cadence grâce aux investissements des 20 dernières années qui rendent notre recherche plus efficace. Ainsi, on estime que le vaccin anti-COVID-19 et des traitements seront disponibles en moins de deux ans. Ce type de progrès est alimenté par la recherche et l’innovation.

L’innovation n’arrive pas par magie, elle se prépare, se bâtit. Elle requiert des investissements récurrents, continus et soutenus de la part du gouvernement et du secteur privé.

L’innovation bleue comme salut

Le Consortium québécois sur la découverte du médicament (CQDM) est un organisme à but non lucratif créé en 2008 pour financer l’innovation en santé et stimuler les collaborations entre les entreprises privées et les laboratoires de recherche universitaire. Il y a 10 ans, en collaboration avec les universités Laval et McGill, le CQDM a financé le développement d’un outil hors du commun créé par une entreprise de Québec : Medicago. L’entreprise a utilisé ces fonds pour développer une technologie qui accélère la découverte de nouveaux vaccins.

C’est cette même technologie qui a permis à Medicago d’identifier un candidat-vaccin en 20 jours seulement, lui taillant une place de choix dans la course au vaccin contre la COVID-19. L’entreprise est un modèle d’agilité et de rapidité dans la réponse à la crise actuelle et une fierté sur le plan de l’innovation entrepreneuriale.

Innovez maintenant, récoltez plus tard

L’exemple de Medicago illustre bien comment l’innovation est à l’origine d’un changement transformateur et positif pour la société. Cependant, l’effet d’un investissement en innovation n’est pas immédiat; il faut donc maintenir le financement de telles initiatives et bâtir une économie du savoir. C’est un peu comme planter un arbre fruitier; les fleurs apparaîtront, puis à maturité, on récoltera les fruits.

Au Québec, nous devons continuer de soutenir notre solide et performant écosystème d’innovation en santé, et ce, au-delà de la pandémie.

En santé, le processus de recherche et développement est notoirement risqué, long et coûteux. Pour éliminer ces obstacles et profiter du fruit des innovations plus rapidement, nous devons faire la part belle à des technologies de rupture, comme l’intelligence artificielle et d’autres technologies émergentes. Ce sont là des exemples d’outils qui permettent l’accélération de la recherche nécessaire au maintien de l’innovation en santé et qui diversifient notre portefeuille d’innovation.

L’innovation en santé nous assure une meilleure qualité de vie, nous permet d’agir de manière préventive, soutient un secteur économique florissant favorisant notre autonomie et notre autosuffisance en matériel médical ainsi qu’en traitements au quotidien et, ultimement, optimise notre réponse aux crises de demain.

L’innovation est un bien, une richesse collective et un investissement pour notre avenir. Soyons visionnaires, travaillons en collaboration et investissons maintenant pour bâtir des infrastructures de recherche, protéger la santé des populations et relancer notre économie.

1 https://www.bioquebec.com/accueil

* Signataires, membres du conseil d’administration du CQDM : Jennifer Chan, vice-présidente, Politiques et affaires externes, Merck Canada; Richard Fajzel, président et directeur général, Exactis Innovation; Daniel Hétu, directeur associé, Lumira Ventures; Raphael Hofstein, ex-président et directeur général, Toronto Innovation Acceleration Partners (TIAP); Sarah Jenna, cofondatrice et présidente-directrice générale, My Intelligent Machines (MIMs); Frédéric Ors, président et directeur général, IMV; Ken Pastor, associé principal, CTI Capital; Louise Proulx, administratrice de Société; Jorge Puente, cofondateur et associé directeur, Pleasanton Pharma Ventures; Uwe Schoenbeck, vice-président senior et chef de la direction scientifique, recherche externe et innovation, Pfizer. Autres signataires : Frank Béraud, président et directeur général, Montréal InVivo; Andrew Casey, président et directeur général, BIOTECanada; Daniel Coderre, président-directeur général, Génome Québec; Diane Côté, présidente-directrice générale, MEDTEQ+; André Darveau, vice-recteur à l’administration, Université Laval; Nadia Dubé, directrice du développement des affaires, CQDM; Pamela Fralick, présidente, Médicaments novateurs Canada; Jacques Hendlisz, président général, CATALIS; Jacques Milette, directeur général, ventes et développement des affaires, Est du Canada, Siemens Healthineers et président du conseil d’administration de MEDTEQ+; Anie Perrault, directrice générale, BIOQuébec et présidente du conseil d’administration de Génome Québec

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