La lettre s’adresse au premier ministre François Legault et à ses collaborateurs

Yvan Martineau Yvan Martineau
Journaliste et porte-parole des Salons du vélo de Montréal et Gatineau-Ottawa

Une question vous a été posée le mardi 7 avril lors de votre conférence de presse quotidienne à savoir si vous envisagiez d’interdire le jogging comme la France venait de le décréter. La réponse du Dr Arruda à cet effet a été claire : il n’en est pas question à ce stade-ci. N’empêche, la personnalité médiatique qui se consacre depuis longtemps aux créneaux du vélo et du tourisme s’est sentie fortement interpellée.

Si le coronavirus a créé une crise sanitaire, il ne faut tout de même pas perdre de vue que la sédentarité est un mal de société que l’on combat collectivement depuis des années pour diminuer les coûts astronomiques qui en découlent sur notre système de santé.

À l’approche de la date officielle de l’ouverture des réseaux et circuits cyclables au Québec, je crois qu’il serait important que notre gouvernement et la Santé publique puissent rendre publique leur position afin d’envoyer un message fort et clair non seulement à la population, mais aussi à l’ensemble des municipalités qui ont la responsabilité de l’entretien et de la sécurité de ces infrastructures.

Je n’ai pas à vous convaincre que le vélo est un moyen de transport actif pour se rendre au travail et faire ses courses, d’où l’importance de ces infrastructures. Les pistes cyclables et multifonctionnelles ont une valeur inestimable pour maintenir active et en santé notre population.

Les pistes ont toutes 3 mètres de largeur au Québec. Est-ce qu’on conseille de les ouvrir ?

Si oui, comment éviter qu’il y ait trop d’achalandage et de dépassements, ce qui enfreindrait la règle des 2 mètres pour la distanciation sociale. (Là-dessus, le Dr Alex Carignan, infectiologue, a livré un avis très intéressant à Patrice Roy à la télé de Radio-Canada le jeudi 9 avril. Il a indiqué que nous devrions pouvoir rouler à vélo, explications rigoureuses à l’appui.)

Relancer le tourisme

Si les pistes doivent demeurer fermées, alors il m’apparaît essentiel que les municipalités et gestionnaires effectuent dès aujourd’hui tous les travaux de réfection et de remise en état, parce qu’une fois les mesures de distanciation sociale levées, il sera impératif, crucial selon moi, que les Québécois puissent tout de suite utiliser leurs circuits cyclables afin de reprendre la forme, préserver leur santé, mais aussi profiter d’escapades ou de vacances chez eux et ainsi collaborer sur-le-champ à la relance de notre industrie touristique.

Si les pistes doivent être interdites, quelle sera votre position pour définir les mesures d’application ? Mesures de fermeture, de contrôle, d’entretien, sans oublier la responsabilité civile en cas d’infraction et d’accident.

À considérer également : la fermeture des pistes, circuits, réseaux et l’interdiction de la circulation ont également un coût : il faut prévoir ériger des barrières ou clôtures, rémunérer des employés pour les installer puis les retirer plus tard, assurer une surveillance.

Voilà. J’espère que vous arriverez à des conclusions similaires à l’opinion du Dr Alex Carignan afin que les Québécois puissent utiliser leurs pistes cyclables pour garder le moral, la santé physique et mentale, et pour évacuer leur stress. Mais quelles que soient vos conclusions, merci de nous en faire part. Merci d’avoir pris le temps de considérer mes propres réflexions.