J’écris ces lignes pour lancer un cri du cœur. Un cri du cœur pour la solidarité entre nous. La solidarité pour l’ici et maintenant, mais pour l’avenir aussi.

Yvon Provencher 
Montréal 

Alors que nous pouvons encore sortir et prendre l’air, pour recharger les batteries, ce moment est des plus précieux pour ceux et celles, comme moi, qui sont aveugles ou malvoyants et qui ont un chien-guide. Moi, comme vous, je profite du printemps qui pointe son nez. Vous comme moi pouvons encore jouir de ce moment parce que, notamment, nous respectons les règles pour nous protéger mutuellement (garder nos distances, éviter les rassemblements, se laver les mains, tousser dans le pli de notre coude, etc.).

Pour les personnes qui se déplacent avec un chien-guide, ces moments sont d’autant plus importants qu’ils leur permettent de faire travailler leurs chiens, s’assurant ainsi qu’ils conservent ce qu’ils ont appris durant leur entraînement (éviter des obstacles, traverser la rue en ligne droite, etc.).

Nous avons fait le choix de partager nos vies avec ces merveilleux amis, d’abord parce que nous aimons les animaux, mais aussi, et c’est là une richesse inestimable, parce qu’ils nous donnent encore plus d’autonomie.

Les sorties que nous faisons sont d’autant plus nécessaires qu’un chien qui ne travaille pas est un chien qui risque de perdre ses acquis.

Je lance donc ce cri du cœur : continuons de respecter les règles durant la pandémie. Au jour le jour, le fait de prendre l’air nous aide à garder nos esprits, à refaire un tant soit peu nos énergies. Respecter ces règles, c’est nous protéger mutuellement, mais c’est aussi faire en sorte que ceux et celles qui ont un chien-guide auront un animal qui, au sortir de cette crise, pourra continuer de leur conférer cette autonomie, si chèrement acquise.