Le Canada, à l’instar du monde entier, se mobilise pour affronter la COVID-19. La musique n’est peut-être pas la principale préoccupation des Québécois et des Canadiens en ce moment, mais comme c’est souvent le cas, elle joue un rôle d’arrière-plan essentiel afin de nous aider à traverser la situation.

Eric Baptiste
Eric Baptiste Chef de la direction de la Société canadienne des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (SOCAN)

Les millions de citoyens qui travaillent actuellement de la maison écoutent vraisemblablement de la musique pour calmer leurs inquiétudes. Qu’elles soient diffusées en continu, téléchargées, sur les ondes ou même sur vinyle, nos listes d’écoute deviennent la trame sonore de la situation.

L’un des plus grands avantages de notre territoire, c’est qu’il est respectueux, ouvert et accueillant. On ne devrait jamais l’oublier. C’est ce qui nous distingue et le temps est venu de nous unir. Il est paradoxal de constater qu’au moment même où nous devons garder nos distances, nous sommes plus unis que jamais avec un seul objectif en tête : vaincre ce virus. La musique est un pont qui nous unit dans ces temps difficiles.

L’art est très important pour nous. La musique créée ici est plus importante que jamais pour alimenter notre fierté nationale. Que ce soit la musique de Marie-Mai, d’Arcade Fire, de Drake, de The Weeknd, de 2Frères, de Luc Plamondon, de Joni Mitchell, d’Hubert Lenoir ou de Shawn Mendes, pour ne nommer que ceux-là, ou encore les magnifiques compositions et trames sonores d’Alexandra Stréliski, de Jean-Michel Blais, de Michel Cusson, de Mychael Dana ou de Keith Power, nos cœurs se remplissent de joie et de fierté.

La musique d’ici nous unit, elle nous rend plus déterminés et plus forts.

Les citoyens se tournent vers les médias locaux pour des informations fiables et de qualité. Et tandis que les Canadiens se tournent vers leurs médias, ceux-ci devraient à leur tour se tourner vers les contenus canadiens afin de nous unir encore plus.

Les spectacles ont dû être suspendus afin d’éviter les rassemblements, mais ces concerts remplis de bonheur et de puissantes émotions reviendront. Nous serons réunis et la musique saura sans aucun doute nous aider à guérir comme elle l’a fait après la tragédie de Lac-Mégantic en 2013, et comme elle le fait toujours dans de telles situations.

Un grand nombre de créateurs canadiens et québécois perdent d’importants revenus provenant de leurs spectacles, alors pourquoi ne pas les aider en remplaçant ces revenus par ceux qu’ils gagnent quand on écoute leur musique en écoutant celle-ci encore plus ? À la maison. À la radio. Sur les services de diffusion en continu. Dans la voiture. Partout où la musique nous aide à passer à travers une épreuve. Le bien que nous fait leur musique devrait leur faire du bien à leur tour. Ils nous aident grâce à leurs créations et il tombe sous le sens que nous les aidions à notre tour.

La musique n’est peut-être pas notre première préoccupation en ce moment, mais elle demeure l’un des outils les plus puissants à notre disposition pour nous aider à passer à travers cette crise. Nos créateurs puiseront au plus profond de leur âme pour comprendre et exprimer les émotions brutes que nous ressentons durant cette période d’intense incertitude.

L’histoire nous démontre que, même si cela peut paraître contre-intuitif, les arts s’épanouissent en temps de crise. Que ce soit les catastrophes ou les guerres, de nouvelles formes et œuvres d’art émergent presque toujours et de manière surprenante. Je souhaite et prévois que les créateurs de musique trouveront leur muse encore plus que d’ordinaire et s’exprimeront grâce à leur art.

La musique d’ici a une grande valeur et c’est un joyau d’une valeur inestimable. Pour chacun d’entre nous, d’abord, mais pour le monde entier, de plus en plus.

Écoutez de la musique. Encore et encore. Continuons tous à l’écouter encore et encore.

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