Dans la crise actuelle, les entreprises de presse sont frappées de plein fouet puisque leurs clients habituels n’achètent plus de publicités. Mais, dans la crise actuelle, les entreprises de presse jouent aussi un rôle essentiel.

Julie Miville-Dechêne Julie Miville-Dechêne
Sénatrice indépendante

Sans elles, nos gouvernants et nos autorités de santé publique seraient incapables de faire passer leurs messages. Mais nos entreprises de presse ne servent pas que de porte-voix. Leurs journalistes doivent être sur le terrain partout au pays pour rapporter ce qui se passe. Les citoyens ont le droit d’être informés sur la justesse des décisions qui sont prises et sur leurs effets dans de nombreux secteurs.

Les citoyens ont aussi le droit d’être informés sur ce qui se passe chez eux, dans leur région, leur ville ou leur village.

Déjà, en Gaspésie ou en Abitibi par exemple, des hebdos régionaux ont dû remercier leurs reporters. Les éditions papier en semaine de six quotidiens régionaux ont disparu (Le Soleil, Le Nouvelliste, La Tribune, Le Droit, Le Quotidien, La Voix de l’Est). C’était une source essentielle d’information pour ceux qui n’ont pas l’internet. Évidemment, ces entreprises pourront éventuellement bénéficier des programmes d’aide économiques des gouvernements fédéral et provincial.

Mais la crise, c’est maintenant qu’elle a lieu et c’est maintenant que nous avons tous et toutes besoin de la meilleure information possible.

Je le répète, c’est un service essentiel qui sauve des vies, même si ce n’est pas de façon héroïque. Je demande donc au ministre du Patrimoine, Steven Guilbeault, et à son homologue québécoise, Nathalie Roy, d’agir sans aucun délai, et pour toute la durée de cette pandémie, afin d’apporter tout le soutien nécessaire à nos médias écrits, radiophoniques et télévisuels. Ça presse et c’est nécessaire. Une démocratie ne peut pas survivre sans une presse vigoureuse.