Il y a quelques jours, alors que je roulais de nuit, la radio de Saguenay 95,7 a diffusé cette chanson de Niagara que je n’avais pas entendue depuis longtemps, Pendant que les champs brûlent.

Vanessa Viera
Vanessa Viera Biologiste et chargée de projets en environnement

Lors de sa sortie en 1990, j’avais aimé la mélodie, mais en l’écoutant ce soir-là, ses paroles ont résonné autrement en moi. J’y ai fait une douloureuse comparaison avec la crise climatique, qui apparaît d’autant plus vraie avec les incendies qui ravagent l’Australie en ce moment même. Une image perturbante en ce début d’année…

Mais heureusement, la nouvelle année arrive également avec son lot d’espoir pour surmonter ce sentiment d’impuissance.

Les résolutions de la nouvelle année forment une coutume qui illustre bien notre recette de mode de vie moderne : un grand bol d’apparences dans lequel nous versons une tasse d’optimisme, trois cuillères à soupe d’hypocrisie et une pincée de sel d’actions.

Aussi bien intentionnées soient-elles, les résolutions demeurent une façon de nous convaincre que nous sommes prêts à nous améliorer. Si le réchauffement et la protection de la planète sont les sujets d’actualité de prédilection en 2020 (comme je l’espère), il y a fort à parier que la majorité des résolutions s’articuleront autour d’un mode de vie plus équilibré et d’une planète plus saine : acheter de façon responsable et durable, épurer sa maison et ses activités, se désintoxiquer de l’écran, intégrer le zéro déchet, connecter avec la nature, pratiquer régulièrement le sport, consommer moins de viande, méditer, etc.

Ne vous y méprenez pas ; j’encourage à 100 % tous ces changements ou cette évolution des comportements qui représentent des objectifs très nobles. Dans résolutions, il y a « solutions », cependant. J’espère alors que la liste qui suit pourra également être une source d’inspiration pour une conciliation « bien-être/planète » lors de cette nouvelle année.

Bâtir un mouvement 

La conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP25), qui a eu lieu en décembre, a été un échec lamentable en termes de négociation pour des cibles d’émissions mondiales de CO2. Trouvez la plus grande source d’émissions de GES dans votre foyer et réduisez-la ou stoppez-la si possible.

Soutenir une organisation 

Je ne prétends pas connaître l’avenir, mais le destin tragique réservé à la biodiversité est assez limpide sans aucun virage de la part de l’homme. La biodiversité fait pourtant partie de la solution ; encouragez les solutions naturelles en versant un don mensuel pour une organisation qui œuvre pour conserver la biodiversité.

Embrasser la différence 

Le principe est très simple : aucun humain n’a plus de valeur qu’un autre. Engagez-vous socialement dans une organisation locale, dans une collectivité, en assistant à des consultations publiques, en faisant du bénévolat, etc. Il existe maintes façons d’apprendre à se connaître, de tisser des liens, de modifier les perceptions, de tendre la main et de semer l’amour autour de soi.

Prescrire l’équité

Sans justice sociale ou économique, l’action pour le climat – qui ne vise pas à enrayer un danger imminent – est limitée, étant donné qu’il y a beaucoup de luttes plus tangibles et tout aussi cruciales à mener en priorité. Mais c’est aussi la beauté de ce portrait intriqué : toutes ces luttes peuvent être menées en même temps, et agir pour l’une a des répercussions spontanées sur les autres.

Par où commencer face à des valeurs aussi polarisantes ? La différence, la réalité des autres est respectée lorsqu’elle est connue, ou en faisant preuve d’empathie. Chaque jour, nous avons l’occasion de pratiquer l’empathie avec nos proches puis dans des sphères de plus en plus inconnues. Pourquoi ne pas vous impliquer dans une garderie, une école afin de parler de votre réalité cette année ?

Reprendre le pouvoir 

Tel qu’avancé dans le dernier ouvrage de Vandana Shiva, les 1 % qui possèdent les entreprises qui privatisent tous les coûts sont les nouveaux colons.

Un appel sans équivoque doit forcer l’impérialisme économique à prendre un nouveau cap.

Il y a de nombreuses réussites dans le monde et de plus en plus de leaders et d’organismes sèment l’espoir et nous poussent à agir, en ébranlant la légitimité sociale de certaines entreprises. En étant discréditées, ces entreprises sont également privées de leur pouvoir politique. Démontrons nos prises de position dans les marches, les votes, les échanges, etc. Notre voix compte.

Assurément, il s’agit d’engagements individuels ambitieux. Assurément, ces actions impliquent du temps et de l’argent, après lesquels nous courons beaucoup trop. Assurément, la protection de la planète ne repose pas seulement sur les épaules de chaque individu.

Collectivement, pourtant, la somme de nos choix peut dresser les voiles du navire pour changer de cap. Nous devons être convaincus de cela pour amorcer le changement en nous.

Je nous souhaite à chacun d’adopter durablement au moins une de ces résolutions cette année. Notre comportement a une résonance sur les autres bien plus grande que ce que nous soupçonnons.

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