Pascale Navarro Pascale Navarro
Auteure, journaliste, conférencière et animatrice

Femmes au Parlement

Le plus

Le regroupement des forces vives à l’Assemblée nationale. Véronique Hivon, Christine Labrie, Sonia LeBel et Hélène David se sont unies pour combattre ensemble les violences sexuelles.

De plus, au moyen du Cercle des femmes parlementaires et de sa présidente, Chantal Soucy, plusieurs députées ont aussi dénoncé l’intimidation et le harcèlement subis par les femmes en politique et plus généralement dans l’espace public.

Sur le sujet de la justice et du traitement des plaintes, ces députées prennent le problème de front, donnant espoir que les victimes obtiendront plus d’écoute dans le système.

De nombreuses femmes élues à la CAQ et à Québec solidaire n’avaient pas d’expérience parlementaire et ça ne les a pas empêchées d’être très efficaces.

Le moins

La différence de traitement entre les mésaventures de MarieChantal Chassé et celles de Simon Jolin-Barrette. On a senti Mme Chassé bien seule dans son épreuve au ministère de l’Environnement, alors qu’elle ne paraissait pas préparée, et livrée comme une gazelle dans la fosse aux lions. 

Il en est allé tout autrement pour Simon Jolin-Barrette, qui a conservé son poste de ministre, contrairement à Mme Chassé, et qui semble avoir gardé toute la confiance de son chef. De l’extérieur, on a l’impression que l’ex-ministre de l’Environnement n’a pas eu beaucoup de soutien en comparaison avec son collègue.

Violences contre les femmes

Le plus

La reconnaissance publique du caractère antiféministe de la tragédie de Polytechnique, fruit du travail de féministes persévérantes, notamment de Mélissa Blais et de Diane Lamoureux.

Autre fait positif à souligner : la classe médiatique a pris conscience de sa responsabilité en matière de violence sexuelle et de violence contre les femmes.

Cet éveil ne serait peut-être pas arrivé sans la pression des réseaux sociaux (#agressionnondenoncee #moiaussi), mais quoi qu’il en soit, les médias dits traditionnels ont réussi à approfondir certains sujets, et de ce fait, à faire une pédagogie nécessaire. Et espérons qu’ils continuent.

Le moins

Maintenant, saura-t-on faire les analyses qui s’imposent ? Deux axes de travail paraissent incontournables : les besoins en ressources générales pour soutenir toutes les catégories de victimes, mais également, et c’est aussi crucial, les enjeux de santé mentale et affective.

Il reste une tâche gigantesque à faire en amont des tragédies et féminicides, quels que soient les contextes dans lesquels ils se déroulent. D’accord, on réfléchit désormais aux mécanismes du système de justice, comme je l’évoquais plus haut, on ne peut que s’en réjouir, mais il reste d’autres enjeux : qu’est-ce qui ne fonctionne pas dans nos systèmes de santé et de services sociaux, dans la socialisation des hommes et dans notre culture ? Pourquoi les agressions surviennent-elles comme des fatalités ?

En matière de prévention et d’éducation, de sensibilisation, je vois très peu d’amélioration, malheureusement.

Je ne sais pas ce qu’il faut de plus pour que les sommes nécessaires soient investies, que le personnel soit embauché, que les ressources soient accordées à toutes celles et tous ceux qui pourraient contribuer à nous sortir de cette infinie tristesse. Nous avons pourtant les connaissances, les savoirs, les experts. Alors ?

Le cadeau de fin d’année

Le gouvernement finlandais compte désormais une femme de 34 ans à sa tête, Sanna Marin, qui travaillera avec une coalition de partis également tous menés par des femmes. Élue à la tête du Parti social-démocrate après que le chef eut démissionné, Marin a dirigé un conseil municipal, puis a été ministre des Transports et vice-présidente de son parti, avant d’en devenir la cheffe.

PHOTO JUSSI NUKARI, AGENCE FRANCE-PRESSE

Le gouvernement finlandais compte désormais une femme de 34 ans à sa tête, Sanna Marin.

Le 10 décembre dernier, elle a été investie de son nouveau poste. Mais le score de son organisation est au plus bas dans les sondages, ce qui contribue à faire croire que l’on compte beaucoup sur les femmes quand ça va mal.

Un prix pour Rachel Bédard, éditrice du remue-ménage

Le nom de cette maison d’édition fondée en 1976 s’écrit avec des minuscules : une discrétion à l’image de Rachel Bédard, l’un des piliers de ce vivier féministe depuis 1981. Le 22 novembre dernier, au Salon du livre de Montréal, l’éditrice a remporté le prix Fleury-Mesplet, qui récompense la contribution d’une personne ou d’un organisme au secteur de l’édition au Québec.

Nous devons beaucoup au remue-ménage et à cette femme déterminée qui a contribué à donner une voix aux essayistes, romancières, poétesses du Québec en des temps parfois hostiles. D’une certaine manière, ces nombreux livres ont forgé le féminisme d’aujourd’hui.

Je vous souhaite de joyeuses Fêtes !