Fillion Électronique a pignon sur rue à Montréal depuis plus de 60 ans. L’entreprise familiale de 35 employés a grandi et prospéré au Québec en offrant des produits et du service de qualité aux consommateurs d’ici. Mais depuis quelques années, les consommateurs boudent les entreprises québécoises comme la nôtre pour se tourner vers des géants américains qui ne payent pas leurs taxes au Québec. Sans compter l’impact négatif du commerce en ligne sur nos commerces physiques. Le virage numérique est un autre grand défi que nous devons relever.

Sylvie Thibault Sylvie Thibault
Copropriétaire de Fillion Électronique

« J’ai trouvé le même produit chez Amazon, mais sans la taxe. » Nous recevons de plus en plus souvent ce genre de message. Ou même des annulations de commandes.

Que pouvons-nous répondre à ces gens qui payent moins cher auprès d’entreprises étrangères qui n’ont pas les mêmes règles que les entreprises locales ?

Comment un commerçant loyal peut-il concurrencer une entreprise qui ne paye pas de TVQ ici ?

Nous participons de manière intègre et exemplaire au système économique québécois. Les taxes servent entre autres aux services sociaux, aux hôpitaux, aux écoles, aux garderies, aux routes, etc. Elles permettent d’avoir la société que nous avons et dont nous sommes fiers.

Ne pas percevoir la taxe entraîne une compétition déloyale et injuste. Les géants américains qui font de la vente en ligne sont plus attractifs pour les consommateurs québécois que les commerçants d’ici qui perçoivent les taxes avec honnêteté.

Une spirale sans fin

Tout le monde veut économiser. Mais ce n’est pas normal que ça se fasse au détriment d’un manque à gagner au niveau des taxes. La mauvaise gouvernance nous entraîne dans une spirale sans fin.

Les entreprises québécoises doivent non seulement se battre contre des monstres comme Amazon, mais en plus, elles doivent prendre du temps et donner de l’énergie comme je le fais ici pour interpeller le gouvernement qui ne fait rien pour réglementer une concurrence déloyale. Peter Simons et Christiane Germain peuvent aussi en témoigner.

Les règles fiscales ne s’appliquent pas aux commerçants américains qui font du commerce en ligne au Canada. Nous ne pouvons pas mesurer aujourd’hui l’ampleur des dommages sur notre société, mais si la tendance se maintient, il est à prévoir que rapidement, ce sont tous les Québécois qui en subiront les dramatiques conséquences.

Cette nonchalance de la part de nos gouvernements a un impact négatif sur les commerces qui ont pignon sur rue et qui font la vitalité de nos communautés.

Les commerces ferment par centaines. Pour renverser le mouvement et redonner à nos villes, nos villages, nos communautés l’élan qu’ils avaient, nous vous conjurons de faire votre travail de réglementation. En cette veille de Noël où des centaines de milliers de consommateurs vont se tourner vers des fournisseurs extérieurs pour ne pas payer les taxes, vous n’avez pas le choix d’agir vite.

En souhaitant que votre action rapide et concrète puisse redonner un peu d’air aux commerçants québécois qui en ont bien besoin.